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La course aux remèdes: pas facile de trouver 6000 cobayes pour la colchicine

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Les chercheurs québécois qui mènent l’étude internationale sur la colchicine, ce médicament qu’ils croient capable de stopper la « tempête inflammatoire » dont souffrent certaines victimes de la COVID-19, ne sont pas encore parvenus à recruter les 6000 cobayes dont ils ont besoin. 

• À lire aussi: COVID-19: notre bilan mensuel de la recherche

Invité par Le Journal à faire le point sur l’avancement de l’étude COLCORONA, le Dr Jean-Claude Tardif de l’Institut de cardiologie de Montréal (ICM) a reconnu que le recrutement représente « un gros défi ». « Souvent, 6000 patients, ça serait plus sur un an. Nous, on espère terminer le recrutement en juin et c’est quand même colossal », explique-t-il. 

Du financement 

Il ne désespère pas, d’autant plus que l’équipe vient de conclure un partenariat avec l’Institut de santé national américain (National Institutes of Health), le plus gros organisme au monde en financement de recherche. 

Dr Jean-Claude Tardif Institut de cardiologie de Montréal
Photo courtoisie
Dr Jean-Claude Tardif Institut de cardiologie de Montréal

« Ils nous ont contactés en soutenant que nous faisions l’une des études les plus importantes sur la planète. Ils ont décidé de nous appuyer pour accélérer le recrutement », raconte le Dr Tardif. 

La Fondation Bill et Melinda Gates ajoute aussi une subvention de 3 M$. « Pour accélérer les choses, il faut avoir les moyens financiers », dit-il.  

Ces recherches sur la colchicine, un médicament pour traiter la goutte, bénéficient déjà d’un appui de 5,3 M$ de Québec. 

L’étude dirigée à partir de Montréal a une portée internationale. Plusieurs pays se sont joints à l’équipe de chercheurs, au cours des dernières semaines, et des négociations pour le recrutement de patients en Belgique, au Royaume-Uni et en Afrique du Sud sont sur le point d’être conclues, indique le Dr Tardif. 

Cette possibilité de recruter des patients dans un grand nombre de pays est vue d’un bon œil par l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux. 

« Si on avait des résultats intéressants, ça pourrait être très favorable pour les professionnels de la santé qui testeraient positif », prévient Sylvie Bouchard, directrice de l’évaluation des médicaments au sein de l’organisme. 

Malgré la difficulté à recruter des cobayes, Jean-Claude Tardif demeure très confiant à l’égard de l’hypothèse avancée par son équipe. 

De nouveaux symptômes de la COVID-19, que l’on associe désormais à la maladie de Kawasaki chez des enfants et à des caillots sanguins chez de jeunes adultes, pourraient lui donner raison, estime-t-il.  

« C’est directement relié à la tempête inflammatoire. Ça renforce notre hypothèse qui reste à être prouvée », précise-t-il.  

Ce qu’en pense le doc Béliveau  

Colchicine : On peut comprendre les gens d’être impatients, mais il ne faut pas brûler les étapes avec des études mal planifiées qui souvent ne font que donner de faux espoirs (comme avec l’hydroxychloroquine). Les essais randomisés représentent le standard d’excellence de la recherche clinique et, même s’ils sont plus longs à réaliser, les résultats obtenus permettront ensuite d’évaluer précisément le potentiel thérapeutique de la colchicine.

Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.