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Une infirmière sort de sa retraite

L’infirmière, qui a travaillé pour Médecins sans frontières, est déployée dans les centres de personnes âgées

GEN-COVID-19
Photo Agence QMI, Joël Lemay L’infirmière Françoise Côté est sortie de sa retraite récente pour prêter main-forte en CHSLD, au CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal.

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Après avoir voyagé aux quatre coins du monde afin d’aider les plus vulnérables, une infirmière retraitée de Québec n’a pas hésité une seconde à replonger dans l’action, cette fois dans les « zones chaudes » des CHSLD. 

« Quand la crise a éclaté, ça m’a interpellée et je me suis dit que même à 66 ans, je pouvais apporter de quoi, je sentais que je pouvais faire une différence », explique avec le sourire aux lèvres Françoise Côté. 

Originaire de Québec, l’infirmière a commencé sa carrière en 1974. Désireuse de voyager, elle a roulé sa bosse au Québec, puis au Manitoba avant d’aller en Suisse suivre une formation en médecine tropicale.  

Ça lui a permis de s’enrôler au sein de Médecins sans frontières. Elle s’est entre autres rendue au Yémen pour des campagnes de vaccination et dans des bidonvilles du Guatemala. 

Protection 

De retour au Québec, elle a pratiqué dans le Grand Nord, pour ensuite s’établir définitivement à Montréal. Après 43 ans de services, elle a finalement pris sa retraite en 2017. 

Quand la crise a débuté, il y a neuf semaines, Mme Côté s’est dit qu’elle était prête à replonger dans l’aventure. 

« En fait, je me serais sentie mal de rester à la maison. Je n’avais pas peur, mais en même temps, je ne minimisais pas les risques. En fait, j’étais fébrile ! » explique celle qui est spécialisée en prévention et contrôle des infections. 

Déployée dans les CHSLD du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, Françoise Côté sert de conseillère, en plus de former le personnel et s’assurer que les consignes sanitaires sont bien respectées. Elle est ainsi aux premières loges pour constater le stress des travailleurs de la santé.  

Elle n’est bien entendu pas insensible au nombre de décès chez les résidents, ou encore quand ses collègues contractent la COVID-19. Mais elle se console avec de petites victoires, comme lorsqu’un patient est déclaré négatif ou qu’un autre guérit de la maladie. 

Inquiétudes 

« Il y a des inquiétudes et c’est normal, affirme-t-elle en soulignant l’importance du travail d’équipe. Notre rôle, ce n’est pas de dire que [le coronavirus], il n’y a rien là, ce serait irresponsable. Mais ensemble, on va y arriver, il va y avoir une fin, même si on ne sait pas quand. » 

Mme Côté réfute toutefois l’étiquette de « héros ». Car pour elle, les vrais héros sont les résidents qui doivent tenir bon malgré l’interdiction de visites.  

En comme toutes les mesures de protection alourdissent la charge du personnel, il est plus difficile d’offrir les services au même rythme, surtout dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre.  

Pour elle, l’arrivée de militaires en renfort est un plus, et ils font bien leur travail, mais ils ne suffisent pas à la tâche. 

« Le personnel est fatigué, ça en prend plus. Si les gens sont intéressés par un défi, s’ils veulent que les choses changent, qu’ils n’hésitent pas à venir », conclut-elle en invitant les gens à s’inscrire sur le site passezalest.org.

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