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Afghanistan : le président et son rival signent un accord de partage du pouvoir

Afghanistan : le président et son rival signent un accord de partage du pouvoir
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KABOUL | Le président afghan Ashraf Ghani et son rival, Abdullah Abdullah, ont signé dimanche un accord de partage du pouvoir, après des mois d’une querelle qui a plongé le pays dans une crise politique et retardé l’ouverture de négociations de paix inédites avec les talibans.

L’accord prévoit que M. Abdullah prenne la tête de ces pourparlers. Le président Ghani a estimé qu’il s’agissait là d’un « jour historique » pour son pays et assuré que l’accord avait été trouvé sans l’aide d’une médiation internationale. 

« Dans les jours qui viennent, j’espère qu’avec l’unité et la coopération nous parviendrons d’abord à obtenir un cessez-le-feu » (avec les talibans) « puis à une paix durable », a-t-il dit, en s’adressant à M. Abdullah lors de la cérémonie de signature. 

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M. Abdullah a pour sa part indiqué que l’accord prévoit la formation « d’une administration plus inclusive, plus fiable et plus compétente ».

« Il intervient à un moment difficile, où nous devons affronter de sérieuses menaces », a-t-il ajouté, sur son compte Twitter. 

L’Afghanistan connaît une recrudescence des violences, en particulier avec l’attaque d’une maternité à Kaboul la semaine dernière qui a fait 24 morts dont des nouveau-nés, malgré la signature fin février d’un accord entre les talibans et les États-Unis prévoyant le départ de toutes les troupes étrangères du pays d’ici mi-2021.

Le pays affronte en outre une propagation rapide de la COVID-19.

« Le Dr Abdullah conduira la commission de réconciliation nationale et des membres de son équipe seront inclus dans le cabinet », a tweeté Sediq Sediqqi, porte-parole de M. Ghani.

Selon Fraidoon Khawzoon, porte-parole de M. Abdullah, l’accord prévoit que celui-ci obtienne la moitié du cabinet et des postes de gouverneurs provinciaux.

L’objectif est d’atteindre « le but final du peuple afghan, c’est-à-dire la paix », a ajouté M. Khwazoon. 

Des photos publiées par le palais présidentiel montrent MM. Abdullah et Ghani assis côte à côte pour une cérémonie de signature, entourés de personnalités afghanes dont l’ancien président Hamid Karzai.

Dans un communiqué, le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg a salué cette initiative. 

« Je salue la décision prise par les dirigeants politiques afghans de résoudre leurs différends et de former un gouvernement inclusif », a déclaré M. Stoltenberg. 

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Pressions américaines

Ex-numéro 2 de l’exécutif aux termes d’un précédent accord de partage du pouvoir avec M. Ghani, M. Abdullah avait perdu son poste après sa défaite face au chef de l’État à l’élection présidentielle de septembre -- dont les résultats définitifs n’ont été annoncés qu’en février après 16 500 plaintes pour irrégularités.

Mais M. Abdullah s’était déclaré président le 9 mars en même temps que M. Ghani, un ex-économiste de la Banque mondiale reconnu par la communauté internationale.

Washington avait alors fait pression pour résoudre cette crise afin de pouvoir démarrer des négociations entre Kaboul et les talibans, annonçant même la réduction immédiate d’un milliard de dollars d’aide à l’Afghanistan, menace de poids pour ce pays pauvre au PIB d’à peine 20 milliards de dollars.

Le 1er mai, Abdullah Abdullah avait annoncé un « accord provisoire » avec Ashraf Ghani. L’accord de dimanche pourrait aider l’Afghanistan à s’extirper de cette impasse politique.

« Ce qui est attendu maintenant, c’est que ces dirigeants résolvent les problèmes qu’affronte l’Afghanistan, comme le coronavirus et les pourparlers de paix avec les talibans », a expliqué à l’AFP Sayed Nasir Musawi, analyste politique à Kaboul.

L’accord place M. Abdullah à la tête de futurs pourparlers avec les talibans qui ont déjà conclu, le 29 février, un accord historique avec Washington, ouvrant la voie à un retrait des forces étrangères du pays après près de 19 années de guerre.

Les insurgés se sont engagés en retour à ne pas attaquer les forces étrangères. Mais des combats ont continué de faire rage entre les talibans et les forces afghanes.

Les négociations de paix directes inédites entre les insurgés et le gouvernement afghan, censées débuter il y a plus de deux mois, sont jusqu’ici restées lettre morte.

La semaine dernière, le bain de sang à la maternité de Kaboul a poussé M. Ghani à ordonner la reprise des opérations offensives contre les talibans. Ces derniers ont nié toute responsabilité dans cette attaque, pour laquelle les États-Unis ont incriminé le groupe jihadiste État islamique.

Washington salue l’accord

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a salué dimanche l’accord de partage du pouvoir signé entre les deux dirigeants rivaux en Afghanistan et les a incités à poursuivre leurs efforts pour mettre fin à la violence.

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Le secrétaire d’État a félicité le président afghan Ashraf Ghani et son rival Abdullah Abdullah « pour leur accord sur une gouvernance inclusive de l’Afghanistan », a annoncé la porte-parole de la diplomatie américaine Morgan Ortagus.

Le secrétaire d’État a cependant « regretté le temps perdu pendant l’impasse politique » de plusieurs mois qu’a connue le pays et qui a retardé l’ouverture de négociations inédites avec les talibans. 

La priorité pour les États-Unis reste que les deux dirigeants signent un « accord politique pour mettre fin au conflit » et Mike Pompeo salue l’engagement des deux responsables à rouvrir « des négociations interafghanes », a ajouté Mme Ortagus.

Selon le nouvel accord, M. Abdullah doit être à la tête de négociations de paix directes entre les insurgés et le gouvernement afghan, qui étaient censées débuter il y a plus de deux mois, et sont jusqu’ici restées lettre morte. 

Ex-numéro 2 de l’exécutif, M. Abdullah s’était déclaré président le 9 mars en même temps que M. Ghani, un ex-économiste de la Banque mondiale reconnu par la communauté internationale.

Washington avait alors fait pression pour résoudre cette crise afin de pouvoir démarrer des négociations entre Kaboul et les talibans, annonçant même la réduction immédiate d’un milliard de dollars d’aide à l’Afghanistan, menace de poids pour ce pays pauvre au PIB d’à peine 20 milliards de dollars.

Mike Pompeo n’a pas précisé si les États-Unis prévoyaient de verser à nouveau cette aide à l’Afghanistan. 

Les talibans ont par ailleurs conclu, le 29 février, un accord historique avec Washington, ouvrant la voie à un retrait des forces étrangères du pays après près de 19 années de guerre.