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Santé mentale des adolescents: «On va peut-être en perdre plus qu’avec le virus»

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La santé mentale des adolescents est, elle aussi, durement touchée par la crise de la COVID-19, mais ceux-ci semblent être oubliés, dénonce le Dr Gilles Julien.  

«On est en train d’assister à une problématique de santé mentale avec les ados confinés [...] il y a énormément d’anxiété, d’éléments dépressifs et de découragement. Donc il est temps qu’ils respirent et il faut vraiment en faire notre priorité maintenant», constate le pédiatre.  

Selon lui, si rien n’est fait pour permettre aux adolescents de sortir et de voir leurs amis de façon sécuritaire, les troubles de santé mentale risquent de faire davantage de victimes que le virus lui-même pour cette catégorie d’âge.  

«Les statistiques le montrent, il y a 20 à 25% des enfants actuellement, des ados en particulier, qui ont des anxiétés importantes, donc qui nuisent à leur santé, et près de 20% ont aussi des éléments dépressifs. Donc ça se constate maintenant, ça va aller en augmentant s’il n’y a pas d’espoir, et, là, on va en perdre peut-être plus qu’avec le virus», affirme-t-il.  

Une nouvelle crise  

Le Dr Julien soutient que cette situation pourrait créer une nouvelle crise que les pédiatres auront de la difficulté à gérer.  

«Ça va être une autre crise où on n’aura pas suffisamment de ressources et où on risque d’en perdre plusieurs, soit en décrochage, soit même en suicides, parce qu’il y a beaucoup d’ados qui sont dépressifs ces temps-ci et qui se cherchent une voie pour respirer. On ne peut pas les laisser tomber comme ça. Je pense qu’il faut en faire une priorité», soutient-il.  

Les adolescents sont particulièrement affectés par tous les changements qui surviennent autour d’eux, la confusion qui règne autour de plusieurs consignes comme le port du masque ou la fermeture des écoles et le manque d’occasions de s’évader et de créer.  

«Ils sont à un point de transition important. Ils forgent leur personnalité, ils sont sûrs d’eux, ils veulent avancer et ils veulent créer. Mais il faut qu’ils aient les moyens de le faire. S’ils ne le font pas, ils perdent espoir, ils perdent contact, ils risquent de décrocher», met en garde le Dr Julien.  

De l’espace pour respirer  

Le pédiatre demande au gouvernement de donner de l’espace aux jeunes pour leur permettre de bouger, de sortir et de socialiser. Il invite également les communautés à donner des tâches aux adolescents pour les occuper.  

«Ce qu’on demande au gouvernement, c’est de donner de l’espace pour respirer. Pis on demande surtout aux communautés des milieux de vie de s’organiser pour appuyer ces jeunes-là, soit en leur trouvant des petits boulots à faire, soit en les mobilisant pour aider des plus jeunes dans les parcs. On demande d’ouvrir les parcs, d’ouvrir des espaces pour faire du sport et de permettre certains contacts en toute sécurité à l’extérieur», réclame le Dr Julien.  

Besoin d'aide pour vous ou pour un proche? Les intervenants du Centre de prévention du suicide de Québec sont disponibles 24/7. 1 866 APPELLE. 

 

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