/news/health
Navigation

Des patientes inquiètes du report de chirurgies

Coup d'oeil sur cet article

MONTRÉAL – Depuis quelques années, le Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) multiplie les conférences pour inciter les femmes atteintes d'un cancer du sein à subir une reconstruction mammaire en même temps que la chirurgie qui oblige les médecins à procéder à une mastectomie. 

Mais, depuis le début de la pandémie de COVID-19, la direction du centre hospitalier demande aux chirurgiens de procéder, la grande majorité du temps, à l'ablation, pour ensuite reporter à plus tard la reconstruction. 

Des médecins trouvent que ça n'a plus de sens. 

«On a 10 patientes, actuellement, avec un cancer du sein actif qui ont besoin de cette chirurgie-là pour être opérées dans les prochaines semaines. Il y en a une dizaine, il y a un mois, qui ont été opérées par une alternative qui n'est pas bonne pour elles, parce qu'elles vont être irradiées», a expliqué le Dr Joseph Bou-Merhi, chirurgien plasticien au CHUM, en entrevue avec TVA Nouvelles. 

Une femme de 48 ans, qui a reçu un diagnostic de cancer et qui a dû patienter six semaines avant d'être opérée au CHUM pour subir l'ablation des deux seins, s'est fait dire que la reconstruction avec ses propres tissus viendra plus tard, mais elle ne sait pas quand. 

«Je suis encore sur la liste d'attente, encore sur la liste prioritaire, parce que, comme je vous dis, mon cancer est quand même toujours actif et toujours là pareil. L'avoir fait enlever au complet et refait, je serais passée à une autre étape et j'aurais été rassurée», a confié Carole Arbour. 

En attendant la reconstruction, on a placé des expandeurs mammaires sous la peau de Mme Arbour. 

«Pour les patientes qui vont avoir de la radiothérapie, ça peut être problématique d'avoir un expandeur, parce qu'un expandeur qui a été irradié, c'est très inconfortable, ça a tendance à devenir très dur», a expliqué la Dre Christina Bernier, chirurgienne plasticienne. 

Marie-Lyne Lortie, elle, s'est plainte à la direction du CHUM. Ayant reçu un diagnostic de cancer du sein gauche le 22 avril dernier, elle est entrée en salle d'opération après seulement trois semaines, pour avoir une ablation, mais du même coup, la reconstruction. 

«Avant de pouvoir envisager une reconstruction, il aurait fallu attendre la fin des traitements, que mon corps se rétablisse [...] voir si mes tissus auraient été en mesure, aussi, de pouvoir avoir la reconstruction souhaitée», a soutenu Mme Lortie. 

La directive vient du ministère de la Santé, pour préserver les médicaments en salle d'opération, et libérer des lits d'hospitalisation pendant quelques jours. 

«Je ne peux pas croire qu'il y a des femmes qui ne pourront pas bénéficier de ça. Ça me déçoit, ça me désole», a ajouté Marie-Lyne Lortie. 

Du côté du CHUM, la direction n'a pas voulu faire de commentaire à la caméra, mais a expliqué, dans une déclaration écrite, que les décisions sont prises dans l'intérêt des patients, selon l'évolution de la pandémie.