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Des semaines sans douche pour des détenus

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Des détenus confinés à leur cellule 24 heures par jour en raison de l’éclosion de COVID-19 dans la prison de Bordeaux n’ont pas eu accès à une douche pendant plusieurs semaines.  

« On est embarrés [secteur C] depuis le 28 avril, 24 heures sur 24, sans accès à de l’eau chaude, à une douche ou à un téléphone. On est dans des conditions lamentables. On a été deux jours sans eau pour boire. On n’a pas d’eau chaude pour se laver. J’ai une douleur à la poitrine et je n’ai pas accès à l’infirmerie ».   

Le cri du cœur d’un détenu de Bordeaux a été enregistré par sa conjointe lors d’un appel téléphonique, le 14 mai dernier. Celle qui a demandé l’anonymat a fait parvenir l’enregistrement au Journal.   

L’homme, en attente d’un procès pour production de cannabis, a été déclaré positif à la COVID-19 et il a pu téléphoner à sa conjointe « trois minutes » pour l’aviser.  

« Je me sens contrariée. Les détenus sont des personnes aussi. On ne demande pas à ce qu’il soit traité comme à l’hôtel, mais qu’il ait au moins accès à de l’eau, à une douche et à des soins de santé. C’est le minimum », soutient-elle.   

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La prison de Bordeaux est aux prises avec une éclosion de cas de COVID-19. Il y a 90 personnes incarcérées atteintes par le virus, soit près de 10 % de la population, ainsi que 21 employés. Le premier cas a été recensé le 24 avril.    

19 jours sans douche  

Selon l’avocate en droit carcéral Alexandra Paquette, plusieurs autres détenus sont dans la même situation présentement. Un de ses clients serait même resté presque trois semaines sans pouvoir se laver, déplore-t-elle.   

« J’ai parlé à mon client vendredi et ça faisait 19 jours qu’il n’avait pas pris de douche. À ce moment, il se trouvait dans le secteur E. Comme sa quarantaine se terminait, il a été transféré dans un autre secteur, où il a pu avoir accès à une douche. »  

Elle rapporte également que l’eau courante et l’électricité ont été coupées dans certains secteurs de la prison, à la suite de tensions entre détenus et gardiens. Me Paquette n’était pas en mesure de dire combien de fois ont eu lieu ces coupures ni combien de temps elles ont duré.   

Mathieu Lavoie, président du syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec, confirme que des détenus en confinement n’ont pas accès à des douches. « Ils ont toutes les commodités comme l’eau, une toilette et un lavabo dans leur cellule », affirme-t-il.  

Le centre de détention de Montréal n’a pas répondu à la demande d’entrevue.