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Génocide rwandais: Bill Clinton responsable de 300 000 morts

Génocide rwandais: Bill Clinton responsable de 300 000 morts

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Fugitif parmi les plus recherchés au monde, l’octogénaire Félicien Kabuga, considéré comme l’un des principaux organisateurs du génocide rwandais, vient d’être arrêté en France à l’issue d’une traque de vingt-six ans.  

Il va devoir répondre à des accusations de génocide et de crimes contre l'humanité devant la Cour internationale de La Haye. Le génocide, dont l’objectif était d’exterminer la minorité tutsie, a fait plus de 800 000 morts d’avril à juillet 1994.   

Il y a un septuagénaire américain qui ne sera jamais accusé de quoi que ce soit en rapport avec ce génocide bien qu’il reconnaisse lui-même porter une lourde part de responsabilité pour l’ampleur de ces carnages immondes. Il s’agit de l’ancien président démocrate Bill Clinton.   

Dans une entrevue à CNBC en 2013, Bill Clinton a admis que si les États-Unis étaient intervenus au Rwanda au début du génocide, 300 000 vies humaines auraient été épargnées: «Si nous y étions allés plus tôt, je pense que nous aurions pu sauver au moins un tiers des vies perdues... cela a eu un impact durable sur moi», a-t-il pleurniché en versant des larmes de crocodile.   

Des documents classifiés rendus publics en 2004 ont révélé que l'administration Clinton savait qu’une «solution finale pour éliminer tous les Tutsis» se préparait bien avant le début du génocide. D’ailleurs, Clinton a aussi reconnu qu’un mois avant le début des exterminations, il avait émis une directive présidentielle qui déclarait que «les États-Unis ne participeraient à aucune opération humanitaire, à moins que ce ne soit dans leur intérêt».   

Non seulement Clinton savait ce qui se préparait, mais il a dissimulé ces effroyables informations à l’opinion publique, selon les documents classifiés: des hauts responsables de son administration ont employé le mot génocide dans des échanges internes durant les 16 premiers jours des tueries, mais ont choisi de ne pas le faire publiquement parce que le président avait déjà décidé de ne pas intervenir. Washington recevait continuellement des rapports précis et détaillés sur l’ampleur épouvantable des massacres.   

Bon, l’ONU, la France, la communauté internationale ont aussi des choses à se reprocher dans ce qui est l’un des épisodes les plus ignominieux de notre époque. Mais l’inactivité de Bill Clinton, commandant en chef de la première puissance militaire de la planète, a été vivement dénoncé par de nombreux historiens et analystes. Les États-Unis avaient les moyens d’intervenir rapidement avec une force décisive pour soutenir la petite Force de maintien de la paix des Nations unies au Rwanda commandée par le général canadien Roméo Dallaire.   

Dans les mois qui ont précédé le génocide, Dallaire avait averti à plusieurs reprises que quelque chose de catastrophique se préparait au Rwanda. Il a reçu l’ordre formel de l’ONU de ne pas intervenir. Dallaire est revenu au Canada dévasté et en colère, hanté de ne pas avoir pu empêcher le génocide.    

Pour éviter de devoir intervenir militairement pour aider le général Dallaire à sauver les Tutsis, Clinton est allé jusqu’à donner des instructions à sa secrétaire d’État, Madeleine Albright, de ne pas utiliser pas le mot génocide devant le Conseil de sécurité de l’ONU pour qualifier les tueries de masse du Rwanda. Si elles avaient été qualifiées de génocide, une loi adoptée par le Congrès obligeait les États-Unis à intervenir. Clinton s’y refusait absolument. L’épisode fait comprendre toute l’hypocrisie, la lâcheté et la perfidie du personnage.   

Des dizaines de milliers d’Américains sont morts parce que Trump a tardé, par stupidité et par incompétence, à préparer les défenses du pays contre le coronavirus. Bill Clinton dans les années 90 a laissé, de sa propre admission, se faire massacrer des centaines de milliers d’Africains en refusant d’intervenir au Rwanda. Ce n’était, après tout, que des Africains qui s’entretuaient. «Shitty countries» disait encore Trump en 2018.