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Le Groupe Aldo quitte l’Irlande

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Le Groupe Aldo, qui profite de la protection des tribunaux actuellement, met fin à l’ensemble de ses activités en Irlande.  

Depuis la semaine dernière, la multinationale montréalaise a cessé toute livraison dans ce pays, en plus de mettre la clé sous la porte d’une filiale responsable du commerce électronique.    

Aldo Shoes Ireland doit nommer un liquidateur au dossier le 22 mai prochain, selon les informations recueillies par The Sunday Times, de Londres. Le nom de RSM Ireland circulerait déjà à Dublin.     

Plus de 600 M$ de dettes  

Il s’agit là du plus récent chapitre dans le cadre des procédures de restructuration du groupe montréalais. Malgré nos efforts, Aldo n’a pas répondu à nos demandes d’entretien.    

Le 7 mai dernier, l’entreprise fondée par Aldo Bensadoun annonçait avoir déposé une demande de protection contre toute poursuite de ses créanciers au Canada, aux États-Unis et en Suisse.    

Selon les documents préliminaires, diffusés par Ernst & Young, les dettes du groupe excéderaient les 662 millions de dollars. Pas moins de 2500 sociétés de partout dans le monde figurent sur la liste de ses créanciers.  

Du nombre, Aldo doit notamment 40 M$ à Investissement Québec, 95,65 M$ à la Banque de Montréal, 87,68 M$ à la Banque Scotia et 75,3 M$ à Exportation et développement Canada.      

De l’Irlande au Luxembourg  

Shoes Ireland a été fondée à Dublin en février 2007. Outre ses magasins, Aldo y opérait une filiale de commerce électronique. Au 27 janvier 2018, l’entreprise irlandaise affichait un chiffre d'affaires de 5,3 M d'euros (8,04 M$) et des pertes avant taxes et impôts de 259 252 euros (393 462$).     

Le Journal révélait mardi que le Groupe Aldo faisait passer les revenus de ses activités européennes et asiatiques par le Luxembourg, un pays à la fiscalité avantageuse. Jusqu’à tout récemment, Aldo Shoes Ireland comptait parmi les nombreuses sociétés d’Aldo en Europe se rapportant à sa filiale luxembourgeoise, Aldo European Investments Holdings.    

Après étude de sa structure et de ses activités, le professeur d’économie et de finance de l’Université TELUQ Franck Jovanovic soutient que cette dernière s’apparente à «un centre de montages financiers d’optimisation fiscale».