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Les lapins sauvages connaissent eux aussi une pandémie

Les lapins sauvages connaissent eux aussi une pandémie
Photo d'archives Agence QMI

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Les humains ne sont pas les seuls à faire face à une pandémie. La maladie virale hémorragique (VHD) se propage à vive allure dans les populations de lapins d’Amérique du Nord et menace les écosystèmes. 

Une éclosion de cette maladie hautement contagieuse et mortelle chez le lapin a été détectée dans l'ouest des États-Unis et se propagerait rapidement chez 12 espèces de lagomorphes — principalement les lapins et les lièvres. 

La VHD est une maladie issue d’un calicivirus qui provoque des gonflements et des saignements internes. Les lapins infectés ne sont découverts qu’après leur mort. La VHD n’est pas transmissible à l’homme. 

Il y a quelques parallèles entre la VHD et la COVID-19, a déclaré à CNN Matt Gompper, chef du département d’écologie et de la conservation à l’université du Nouveau-Mexique: les deux maladies ont «débordé» d’une espèce à une autre — dans le cas du nouveau coronavirus, probablement une chauve-souris vers l’homme; dans la maladie du lapin, des lapins domestiques aux lapins sauvages — et les deux sont apparues si rapidement que les autorités sanitaires ont du mal à réagir. 

Des souches existaient déjà chez les races de lapins européens — dont font partie les lapins domestiques vendus aux États-Unis. 

Mais début mars, une souche a été découverte au Nouveau-Mexique, avant de retrouver des lapins morts de la VHD à El Paso, au Texas. Depuis, la maladie s'est répandue en Arizona, au Colorado et, depuis le début du mois, en Californie. 

L’origine de cette éclosion reste mystérieuse — elle pourrait venir de la viande de lapin importée ou d’une circulation antérieure, au Mexique, selon Matt Gompper —, mais la rapidité de la diffusion est telle qu’il est difficile de connaître l’impact sur les populations des lapins, dont certaines, comme le lapin de Bachman, sont en voie d’extinction. 

La diminution de la population de lapins pourrait aussi avoir des répercussions sur la chaîne alimentaire, puisque les prédateurs perdraient une source d’alimentation, alors que les plantes dont se nourrissent les lapins peuvent envahir les écosystèmes. 

«Les lapins, où qu’ils se trouvent, ont tendance à avoir un impact relativement fort sur leur environnement, car ils sont des herbivores primaires, a expliqué à CNN l’écologiste. L’impact du virus sur les changements écologiques pourrait être très dramatique, mais l'ampleur reste encore inconnue.»