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Michel Goulet blessé par un choix de l'Avalanche

Maurice Filion directeur général des Nordiques de Québec, lors de l'annonce de l'échange de Michel Goulet (à droite) et Greg Millen (absent sur la photo) au Blackhawks de Chicago.
PHOTO d'archives, RENE BAILLARGEON Maurice Filion directeur général des Nordiques de Québec, lors de l'annonce de l'échange de Michel Goulet (à droite) et Greg Millen (absent sur la photo) au Blackhawks de Chicago.

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Quel amateur des défunts Nordiques de Québec ne se rappelle pas les étincelantes performances de Michel Goulet? Cet attaquant, qui était doté d’un inestimable flair autour des filets adverses, a rendu, entre 1979 et 1990, d’incroyables services à la formation de la Vieille Capitale.

Évidemment, les plus beaux souvenirs de Goulet sont étroitement liés aux nombreux affrontements contre le Canadien de Montréal.

En entrevue à l’émission Dave Morissette en direct du réseau TVA Sports, «Gou», comme on le surnommait à l’époque, est justement revenu sur la série de 1985 entre Montréal et Québec. Une confrontation légendaire finalement remportée en sept parties par les Nordiques.

«L’une des plus belles séries éliminatoires que j’ai eu l’occasion de jouer, sans aucun doute! On sait que trois matchs se sont décidés en surtemps. Il y a eu des blessures, des bagarres et plusieurs choses étranges. Je crois que les amateurs ont été choyés de pouvoir assister à un tel spectacle. J’ai vraiment eu beaucoup de plaisir à jouer dans cette série-là.»

Un pacte?

S’il y a une chose qui sautait aux yeux, à l’époque où Goulet évoluait pour les Nordiques, c’est qu’il partageait une incroyable chimie avec Dale Hunter. D’ailleurs, on sent, à travers les propos de l’ancien numéro 16, qu’il respecte toujours autant son ancien partenaire de trio.

«Dale est un joueur d’équipe incroyable qui a été beaucoup trop sous-estimé. Il avait une vision du jeu sensationnelle et réalisait des passes absolument renversantes. On dirait que les gens oublient, parce qu’il aimait brasser l’ennemi de temps en temps, qu’il a récolté plus de 1000 points dans la LNH. Quand ils l’ont échangé, les dirigeants ont un peu brisé le cœur des Nordiques...»

Une confiance énorme

Michel Goulet a toujours démontré, et ce depuis les rangs juniors, qu’il pouvait marquer des buts. Beaucoup de buts.

À seulement 17 ans, au sein des Remparts de Québec, il a inscrit 73 filets en 72 matchs. Et on sait tous qu’il n’a pas ralenti chez les Nordiques, où il aura aligné quatre saisons de 50 buts et trois de 40.

Pensait-il, avant son arrivée dans la LNH, qu’il allait marquer autant?

«J’avais une confiance énorme. Deux ans avant ma saison de 73 buts à 17 ans, je jouais midget C. Tout s’est déroulé extrêmement rapidement. Je ne me suis jamais comparé aux autres et j’ai simplement cherché à m’améliorer chaque année. Lorsque je regarde ma carrière, je crois que je peux dire que mon équipe pouvait compter sur moi chaque soir.»

Un échange salutaire

Les gens de Québec n’ont certainement pas oublié l’échange qui a, lors de la campagne 1989-1990, envoyé Goulet aux Blackhawks de Chicago.

30 ans ont passé depuis cette fameuse transaction. Mais l’ancien attaquant n’a rien oublié des circonstances entourant son départ vers l’Illinois.

«La reconstruction des Nordiques, à la fin des années 80, était de plus en plus évidente. Pour moi, qui marquais 40-50 buts chaque année, on voyait que c’était rendu ardu. L’échange m’a donné un regain de vie. Je ne marquais plus chaque soir, mais j’aidais de plusieurs autres façons à Chicago.»

Le Magnifique

Évidemment, Goulet, au fil des saisons, a eu l’occasion d’affronter de nombreux joueurs.

Lorsqu’on lui demande quel est le joueur le plus talentueux qu’il ait pu affronter, l’ex-Nordique ne réfléchit même pas une seconde.

«Le joueur le plus dominant contre qui j’ai joué est Mario Lemieux. Ensuite, Wayne Gretzky est là. Puis Guy Lafleur aussi. Ces trois gars-là pouvaient changer l’allure d’un match très facilement. Ils étaient incroyables.»

Un pincement au cœur

Michel Goulet fait partie d’une courte liste d’anciens joueurs des Nordiques qui ont vu leur chandail être retiré par l’organisation. Lorsqu’il voit aujourd’hui que des joueurs de l’Avalanche du Colorado, où sont déménagés les Nordiques en 1995, arborent certains numéros qui étaient retirés à Québec, comment se sent-il?

«L’Avalanche, je crois, a voulu instaurer sa propre identité au Colorado. Je ne crois pas qu’il y ait beaucoup de gens, là-bas, qui connaissent l’histoire des Nordiques. C’est sûr que ça m’a fait un petit pincement au cœur. C’est plate un peu, parce que le 26, le 3 ou le 16 étaient retirés. Mais on ne peut rien faire.

«On doit juste espérer que les Nordiques reviennent. Je crois que la ville de Québec est prête et a tout ce qu’il faut pour que le projet se concrétise.»