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Chine: pas de croissance si la pandémie persiste

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BEIJING | Une reprise de la croissance en Chine ne sera possible que si la pandémie de nouveau coronavirus est jugulée au niveau mondial, a averti Beijing mercredi, au moment où le pays peine à redémarrer son activité. 

L’économie chinoise a connu un repli pour la première fois de son histoire au 1er trimestre, avec une baisse de 6,8 % sur un an, largement imputée à l’épidémie de COVID-19 qui a mis à l’arrêt la majeure partie des entreprises du pays.  

Si la Chine a depuis largement jugulé l’épidémie sur son sol et qu’un certain retour à la normale s’est opéré, les entreprises peinent toutefois à remplir leur carnet de commandes. Et les exportateurs chinois sont particulièrement vulnérables alors que la pandémie paralyse désormais l’ensemble de l’économie mondiale. 

«Les entreprises sont toujours confrontées à d’importantes difficultés en matière de fonctionnement et de production. Il faudra encore un certain temps» pour espérer un retour à la normale, a relevé devant la presse le ministre de l’Industrie et des Technologies de l’information, Miao Wei. 

M. Miao n’a pas exclu une reprise au second trimestre, mais, a-t-il prévenu, ce scénario ne sera possible que «si la pandémie est progressivement maîtrisée au niveau mondial».  

Et si les exportations chinoises, un pilier de l’économie du géant asiatique, sont reparties contre toute attente à la hausse le mois dernier, cette tendance «n’est pas durable» si le virus n’est pas jugulé dans le monde, a insisté M. Miao. 

De l’avis d’analystes, le rebond enregistré en avril est sans doute lié à un phénomène de «rattrapage» après les difficultés rencontrées par les exportateurs au premier trimestre, au moment où les mesures de confinement perturbaient le transport.  

Il peut aussi s’expliquer par la forte demande à l’étranger pour les produits médicaux à l’image des masques, dont la Chine est le principal fournisseur. 

Interrogé sur l’hypothèse que des entreprises cessent à nouveau leur production faute de commandes, M. Miao a indiqué que la consommation intérieure permettrait de «stimuler» la croissance. 

La croissance chinoise est tombée l’an dernier à 6,1 %, sa pire performance en près de 30 ans, au moment où la guerre commerciale avec Washington s’intensifiait. La Chine pourrait fixer un objectif pour cette année lors de l’ouverture vendredi de sa session parlementaire, reportée en pleine épidémie.