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Comme des poissons dans l’eau

Trois athlètes de l’élite ont repris l’entraînement, mercredi, au Club de canoë-kayak Lac-Beauport

Le kayakiste Pierre-Luc Poulin attendait ce moment depuis belle lurette. Il a obtenu, mercredi, la confirmation que la forme était au rendez-vous sur le lac Beauport.
Photo Jean-François Desgagnés Le kayakiste Pierre-Luc Poulin attendait ce moment depuis belle lurette. Il a obtenu, mercredi, la confirmation que la forme était au rendez-vous sur le lac Beauport.

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Les sourires étaient grands mercredi à Lac-Beauport. 

Le kayakiste Pierre-Luc Poulin a enfin pu retrouver son lac, qui est calé depuis une semaine seulement, tout comme les canoéistes Anna Roy-Cyr et Alix Plomteux. 

Depuis mercredi, les trois athlètes du Club de canoë-kayak Lac-Beauport peuvent reprendre l’entraînement sur l’eau bien qu’aucune séance supervisée n’est encore autorisée. 

Alix Plomteux
Photo Jean-François Desgagnés
Alix Plomteux

 

« Même si les Jeux olympiques sont repoussés jusqu’à 2021, c’est une libération de pouvoir s’entraîner sur l’eau », a illustré Poulin, dont la place est pratiquement acquise dans le K-4 qui est déjà qualifié pour Tokyo. 

« Nous avons perdu une période d’entraînement de deux mois, ce qui est quand même limité contrairement aux Espagnols qui sont sur la touche depuis trois mois et demi. » 

« Dans notre sport, l’hiver peut être long et je me demande chaque année si ça va marcher encore à mon retour, de poursuivre le membre de l’équipe nationale. Je sais maintenant que je suis encore capable. C’est plaisant. Quand tu retournes sur l’eau, tu le sais rapidement si tu as retrouvé tes moyens. » 

Poulin avait besoin de se retrouver sur l’eau pour pousser la machine. « Même si j’étais l’un des athlètes les plus choyés au pays avec tout l’équipement dont je disposais dans mon sous-sol, l’entraînement intérieur a ses limites, a-t-il raconté. C’est une solution à court terme et ce n’est pas comme ça que tu vas établir un record du monde. » 

Le kayakiste Pierre-Luc Poulin attendait ce moment depuis belle lurette. Il a obtenu, mercredi, la confirmation que la forme était au rendez-vous sur le lac Beauport.
Photo Jean-François Desgagnés

Trouver la motivation 

Même si c’est fort possible qu’il n’y ait pas de compétitions en 2020, Poulin est pleinement conscient qu’il ne peut pas se la couler douce. 

« Si je veux performer aux Jeux olympiques en 2021, il faudra que je réalise des objectifs de performance cet été. Si je fais 1 min 50 s sur 500 mètres cet été, je ne pourrai pas penser faire 1 min 37 s l’an prochain. Même s’il n’y a pas l’engouement de prendre l’avion pour se rendre à une compétition, je sais que je dois performer. » 

Roy-Cyr était radieuse. « Après deux mois, sept jours sur sept, dans mon sous-sol, ça fait vraiment du bien de sortir sur l’eau, a souligné la médaillée de bronze du championnat mondial junior de 2015 en C-2 500 m. Tu n’as pas les mêmes sensations sur la machine à ramer, où tu n’as pas la sensation de glisse. Ça fait du bien de retrouver mes souliers. Même s’il n’y a pas d’objectifs de compétition, c’est le fun de profiter de l’eau et de ramer sans stress. » 

Anna Roy-Cyr
Photo Jean-François Desgagnés
Anna Roy-Cyr

Contrairement à Poulin dont la présence à Tokyo est pratiquement dans le sac, Roy-Cyr regarde plus vers 2024. 

« C’est possible en C-2, mais ça va être difficile et mes chances sont meilleures pour 2024, a souligné la canoéiste de 21 ans. Parce que je suis très jeune, le report est définitivement un plus. Cette année supplémentaire de préparation est un cadeau. » 

Bien que ses chances aient diminué avec le retour de Laurence Vincent-Lapointe, Roy-Cyr est contente de voir la multiple championne du monde reprendre le collier. 

« Si quelqu’un mérite de remporter la première médaille olympique de notre sport, c’est Laurence, a-t-elle louangé. C’est la plus grande pionnière du canoë au monde. » 

Sortir du cabanon 

Sur le point de vivre sa première expérience internationale, Plomteux risque de devoir patienter, mais il demeure zen. 

« Ça ne me dérange pas parce que je suis encore tout jeune, a indiqué le canoéiste de 19 ans. Je visais un top 6 aux essais nationaux et une participation au championnat mondial junior. Dans mon sous-sol et mon cabanon, je m’ennuyais des grands espaces. Je suis content de retrouver la liberté. »  

Entraîneur sur la touche 

Si les kayakistes ont retrouvé le plaisir de filer sur l’eau, ils devront le faire sans la présence de leur entraîneur. 

« On peut aller sur l’eau, mais on ne peut pas suivre l’athlète », explique l’entraîneur-chef de l’équipe nationale de kayak masculin, Frédéric Jobin. 

« On verrait passer les athlètes une ou deux fois. Ça ne donnerait rien ou pas grand-chose. » 

Ouverture 

Si l’élite a profité d’un accès privé, les plus jeunes du club de Lac-Beauport donneront leurs premiers coups de pagaie jeudi. Afin de compléter les mesures de sécurité exigées par la santé publique, le club était fermé, mercredi, mais il ouvrira ses portes jeudi. 

Les athlètes pourront s’entraîner seulement deux à la fois, et les entraîneurs seront présents sur l’eau seulement pour des raisons de sécurité, et non pour superviser le travail de leurs protégés. 

Protocole 

La circulation dans le club nautique sera très réglementée et les athlètes devront remplir une déclaration chaque jour. Le matériel sera nettoyé. 

Des 35 membres, seulement une quinzaine utiliseront les installations du club. Les autres utiliseront l’accès privé dont ils disposent. Le club espère obtenir le feu vert pour tenir ses camps de jour pour les plus jeunes.