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Déconfinement: formule hybride en vue pour les psychologues

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Les psychologues de la province pourront recommencer à voir en personne leurs patients dès le 1er juin en respectant des consignes sanitaires, mais une formule hybride avec des télé-rencontres pourrait devenir la nouvelle norme. 

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«C’est une excellente nouvelle que les rencontres dans les bureaux puissent reprendre, parce que les besoins en santé mentale sont très grands, même avant la pandémie», soutient la Dre Christine Grou, psychologue et présidente de l'Ordre des psychologues du Québec.  

  • ÉCOUTEZ l'entrevue avec Dre Christine Grou à QUB radio :

Après l'imposition du confinement, de nombreux psychologues s’étaient tournés vers des moyens technologiques afin de continuer à suivre les patients. Ils pourront continuer de le faire.  

«Le mot d’ordre, c’est que le psychologue et son client vont discuter de ce qui est le plus souhaitable. Puis, le psychologue va utiliser son jugement clinique pour déterminer la meilleure avenue pour poursuivre les traitements», explique la Dre Grou. 

Toutefois, si un patient désire recommencer à voir en personne son psychologue avec le déconfinement, les mesures sanitaires appropriées devront être prises, comme le lavage de mains, la désinfection des fauteuils entre chaque séance, la distanciation physique. 

«Il va aussi falloir éviter d’avoir des gens dans la salle d’attente. Dans certaines exceptions, le respect du deux mètres de distance n’est pas possible, il faudra donc porter un masque. En résumé, il faut suivre toutes les recommandations de la santé publique», illustre Christine Grou.  

Bonne expérience 

Des psychologues ont relaté au Journal leurs expériences de travail depuis le début de la crise. Si certains patients n’ont pas voulu poursuivre les rencontres par l’entremise de moyens de télécommunication, la plupart qui l’ont fait ont semblé apprécier l’expérience. 

«Ça se passe bien jusqu’à présent. C’est sûr que c’est différent et qu’il a fallu s’adapter. Malgré le paradoxe qu’on était à distance, il y a des rencontres où les gens pouvaient aller plus en profondeur. Peut-être qu’ils étaient plus à l’aise en étant à la maison ou à cause de la caméra ?», a affirmé le psychologue Pierre Faubert. 

Celui-ci s’apprêtait à recontacter ses patients afin de voir s’ils souhaitaient reprendre les rencontres en personne.  

Son collègue Richard Langevin dit aussi avoir connu peu de problématiques liées au télé-travail.  

«Plusieurs me demandent de poursuivre les entrevues en caméra, c’est assez pratique, ça évite des déplacements. Le contact a été bien de cette manière, les gens semblaient à l’aises. Je n’ai pas vu beaucoup de différences», avoue-t-il. 

Les deux psychologues estiment qu’un «hybride» entre consultation à distance ou dans les bureaux seraient la meilleure solution pour l’avenir. 

Hausse des besoins? 

La crise de la COVID-19, qui a pu causer de la détresse et de l’anxiété parmi la population, pourrait créer une vague des gens ayant besoin de consulter, estime toutefois la présidente de l’Ordre des psychologues. Mais difficile de prédire de quelle manière le tout va se traduire. 

«On s’attend à une recrudescence des demandes de consultations», indique la Dre Grou.  

Or, ce n’est pas tout le monde qui a les moyens financiers d’aller consulter au privé et le réseau public pourrait ne pas voir les reins assez solide pour répondre à la demande.  

«Ce n’est pas tout le monde qui va y avoir accès rapidement, le réseau public n’est pas toujours accessible», déplore Christine Grou.  

Selon elle, le réseau public a besoin d’un coup de main et d’une augmentation des ressources professionnelles.  

«La personne qui est en détresse psychologique ne veut pas se perdre dans des dédales administratifs. Elle ne veut pas consulter dans six mois ou dans un an», souligne la Dre Grou.