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En contact avec le virus tous les jours, sans prime pour toujours

Les préposés à la stérilisation doivent pourtant nettoyer les équipements COVID

François Pouliot et ses collègues
Photo courtoisie François Pouliot et une partie de ses collègues préposés en retraitement des dispositifs médicaux.

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Confrontés au coronavirus tous les jours, les préposés à la stérilisation du système de santé déplorent avoir été laissés pour compte par le ministère qui leur refuse l’augmentation de 8 % offerte aux personnes en contact avec la COVID. 

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« On a été oubliés », dénonce François Pouliot, un préposé en retraitement des dispositifs médicaux (PRDM) de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont.  

Rouage indispensable, mais méconnu des centres hospitaliers, les PRDM n’ont pas eu le droit aux « remerciements du jour » du premier ministre Legault depuis le début de la crise.  

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Pire encore, ceux-ci n’ont pas eu le droit à la prime de 8 % destinée aux travailleurs de la santé « en première ligne ». La prime de 4 % accordée à l’ensemble du personnel hospitalier leur a été consentie.  

« On travaille dans l’ombre, mais on se demande si on existe vraiment dans le système de santé », questionne Caroline Gagnon, une PRDM des Laurentides. 

Pourtant, ceux-ci portent tous les jours l’équipement de protection : visière, masque, gants et blouse, afin de stériliser le matériel médical. 

Stérilisation 

Les PRDM ont la tâche de retraiter l’équipement médical, par exemple dans les salles d’opération, pour le nettoyer dans leur laboratoire. C’est plus de 4000 pièces d’équipement qui doivent être nettoyées selon un processus en 12 étapes pour en arriver à une stérilisation parfaite.  

François Pouliot donne l’exemple d’un bistouri ou d’un endoscope, mais depuis le début de la crise, lui et ses collègues doivent aussi stériliser quotidiennement les désormais « célèbres respirateurs » utilisés pour les gens infectés aux soins intensifs.  

« On en reçoit tous les jours, c’est sûr que les appareils qui vont dans les poumons, c’est infecté COVID », plaide Franck Laroche, un autre PRDM.  

« On est le cœur de l’hôpital, si on arrête de travailler, l’hôpital peut plus fonctionner », fait valoir François, qui fait partie d’une équipe de 40 préposés.  

C’est aussi cette équipe qui a le mandat de désinfecter les fameux masques N95 afin de les remettre en service en raison de la pénurie. Bien que cette pratique ne soit finalement que très peu répandue, les PRDM expliquent que la procédure consiste à prélever les masques, les faire sécher puis les décontaminer, tout ça sans qu’eux-mêmes n’aient de N95 au visage.  

Pas de reconnaissance  

« C’est des personnes hautement à risque », estime Josée Marcotte, chargée de la négociation pour les préposés à la stérilisation. Le syndicat croit aussi que les PRDM sont sous-payés par rapport à leur diplomation.  

Le travail « très complexe » qu’ils doivent faire nécessite une attestation d’études collégiales, mais le ministère de la Santé ne reconnaît pas leur diplôme.  

« Dans les autres provinces, ils sont techniciens, ici on est préposés », explique François.  

Le ministère de la Santé et des Services sociaux nous a répondu en répétant simplement la directive. « Les employés qui reçoivent la prime de 8 % sont des travailleurs de la première ligne. Elle ne s’applique pas aux préposés à la stérilisation. »  

Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.