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La criminalité en baisse depuis le confinement à Montréal

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Le nombre de méfaits, de vols et d’introductions dans les domiciles a chuté à Montréal durant la pandémie, alors qu’au contraire, les entrées par effraction dans les commerces ont augmenté.  

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En utilisant des données du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), le 24 Heures a comparé le nombre d'actes criminels commis entre le 13 mars 2020 – début de l’état d’urgence sanitaire au Québec – et le 15 mai 2020, par rapport aux données de 2019.    

Comparativement à la même période l’an dernier, on observe une diminution d’environ la moitié du nombre de méfaits (-45%), de vols qualifiés (-50%) et de vols d’objets liés à des véhicules (-55%).    

La baisse est moins prononcée (environ -30%) pour les introductions par effraction et les vols de véhicules (-20%).    

La criminalité est en baisse de 30%, dans sa globalité, selon le directeur des communications du SPVM, André Durocher.    

Cela ne surprend pas Michèle Goyette, présidente de l’Ordre des criminologues du Québec, puisque les «opportunités» sont moins présentes.    

Par exemple, il y a moins d’événements publics dont peuvent profiter des pickpockets. De plus, avec des rues désertées, les auteurs de méfaits peuvent se faire remarquer plus facilement, illustre-t-elle. Toutefois, des fraudeurs profitent de la pandémie pour demander des informations personnelles ou de l’argent.    

Commerces ciblés   

Le SPVM a comparé les chiffres du 9 mars au 26 avril avec la moyenne des années 2017, 2018 et 2019 pour la même période.    

Si les entrées par effraction dans les résidences ont baissé de 43%, celles dans les commerces ont augmenté de 24% cette année, indique l’inspecteur Durocher.    

Ces données ne sont pas surprenantes puisque la plupart des gens passent la majorité de leur temps à la maison et que les commerces sont fermés.    

Les vols de moins de 5000$, comme les vols à l’étalage par exemple, ont diminué de 62%. Quant aux vols de véhicules, il y en a 48% de moins par rapport à la moyenne des trois dernières années.    

«Comme les gens sont à la maison, il y a des bonnes chances que leur véhicule est stationné aussi dans leur entrée ou près de chez eux», commente M. Durocher.    

Violence conjugale   

Si une diminution de 15% des cas de violence conjugale est recensée, M. Durocher souligne qu’il faut être prudent avec l’interprétation des données.    

«On en a moins qui ont été signalés; maintenant ça ne veut peut-être pas dire pour autant qu’il y en a moins», nuance-t-il.    

«Il y a une différence entre les crimes commis et rapportés. Cette différence, on la voit encore plus dans les crimes contre la personne», confirme Mme Goyette, qui n’est pas rassurée par la diminution des plaintes à la police.    

«Ce n’est pas simple dénoncer une situation de violence conjugale. Ça ne l’est jamais et probablement moins dans un contexte de pandémie», insiste-t-elle.    

Par ailleurs, il est difficile de prédire comment la criminalité va évoluer après la pandémie, selon Mme Goyette, qui évoque plusieurs facteurs qui pourraient influencer la situation, comme le contexte économique.    

Relance économique : Des graffitis qui dérangent    

Une opération intensive de nettoyage de graffitis s’impose en vue de la relance économique, selon la Commission sur le développement économique à l’hôtel de ville de Montréal.   

La commission a récemment émis plusieurs recommandations sur les locaux commerciaux vacants. Elle suggère maintenant, dans un contexte de pandémie, de «mener une opération intensive de nettoyage de graffitis tant sur le domaine privé que public» afin de soutenir la relance économique.    

«La multiplication des "tags" rend des artères moins conviviales. Ça amène un sentiment d’insécurité, un peu comme des dépôts sauvages ou des locaux vacants placardés», soutien Richard Ryan, qui préside la Commission sur le développement économique.    

Au moment de publier, il n’avait pas été possible d’obtenir de statistiques du SPVM sur les méfaits par graffitis.    

M. Ryan n’en avait pas non plus.    

«On n’a pas de chiffres là-dessus. On perçoit qu’il y a eu une recrudescence de graffitis», dit l’élu du Plateau-Mont-Royal. Des citoyens ou organismes ont également interpellé l’arrondissement à ce sujet selon lui.    

Cette perception est partagée par Étienne Miron, propriétaire de Solutions Graffiti. L’entreprise de nettoyage ne reçoit pas plus d’appels que d’habitude, mais reste très occupée. Étant souvent sur la route, M. Miron a l’impression qu’il y a plus de graffitis qu’en temps normal, incluant ceux de grande taille.    

Ce phénomène est surtout concentré au centre-ville ou dans des «spots à graffitis», comme l’échangeur Turcot, observe-t-il.    

Comme le souligne M. Ryan, les efforts de nettoyage de graffitis ont été mis sur pause en raison de la pandémie, avec la priorité donnée au nettoyage des rues.    

«Est-ce qu’il y a eu plus de graffitis ou c’est simplement parce qu’il n’y a pas eu de retraits?» s’interroge-t-il.    

Le cabinet de la mairesse Valérie Plante mentionne que le nettoyage des graffitis est une responsabilité des arrondissements, lesquels sont conscients, tout comme la ville-centre, de l’importance d’avoir des artères commerciales propres, assure-t-on.