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COVID-19: les salles de spectacle de Québec tentent de survivre à la crise

salle Diamant
Photo Simon Clark Au Diamant, une configuration de 84 sièges respectant la séparation de deux mètres entre les spectateurs ne permettrait pas de présenter des pièces tout en atteignant la rentabilité, juge le directeur général, Bernard Gilbert.

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Depuis le début du confinement, une lumière, baptisée la Sentinelle, est allumée en permanence sur la scène du théâtre Le Diamant. «C’est une tradition très ancienne. La légende dit que c’est pour que les fantômes puissent se retrouver. C’est aussi la lumière qui surveille la salle en attendant qu’on ouvre à nouveau», explique le directeur général, Bernard Gilbert.  

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Les fantômes, si vous y croyez, restent depuis le 13 mars les seuls à pouvoir fréquenter ces endroits qui grouillaient de monde lorsque le virus de la COVID-19 a forcé la fermeture de toutes les salles de spectacles et, au passage, le report ou l’annulation de centaines d’événements.  

Privés de leur raison d’être, les lieux de diffusion de la capitale tentent de garder la tête hors de l’eau en attendant la relance.  

À l’Anti, un bar-spectacles de la basse-ville, le propriétaire, Karl-Emmanuel Picard, a commencé à vendre des affiches d’anciens concerts. « Certaines personnes m’offrent jusqu’à 40 $. »  

Il a aussi commencé à présenter des concerts payants en ligne. Samedi, ce sera au tour de Pépé et sa guitare. En juillet, le groupe heavy métal Anvil montera sur la scène de l’Anti, sans public.  

Au Grand Théâtre, on en profite pour finir certains travaux, dont la mise aux normes des gicleurs, qui ne sont pas conformes.  

«Ces travaux-là auraient été très difficiles à faire en situation de diffusion parce qu’on perce du béton un peu partout dans le building», signale le directeur général, Gaétan Morency. Aux portes du Vieux-Québec, le Palais Montcalm a été fermé pendant deux mois. Sa billetterie a été rouverte le 13 mai, après avoir reçu l’autorisation de la Ville. «Il a fallu qu’on fasse déplacer les postes pour faire respecter la distance de deux mètres», indique la directrice générale, Sylvie Roberge.  

Télétravail  

Partout, sauf rares exceptions, le télétravail s’est imposé pour les employés qui ont pu conserver leur boulot.  

C’est le cas à la salle Albert-Rousseau, où une trentaine de personnes travaillent à distance, de même qu’au Capitole, où la salle de spectacles est sur le point de passer aux mains de Québecor.  

«Pour l’instant, on reporte des spectacles, dit le propriétaire, Jean Pilote. Pendant trois semaines, nous n’avions que trois personnes à l’ouvrage. Depuis, on en a rappelé quelques-unes pour s’occuper du service à la clientèle.»   

Une relance peut-elle passer par des concerts pour un public distancé de deux mètres, dans une salle à jauge réduite?  

Jean Pilote, au Capitole, n’y croit pas: «Que veux-tu que je fasse avec une salle à 200 places? Ça me coûte des milliers de dollars pour ouvrir les portes».  

Même son de cloche à la salle Albert-Rousseau. «C’est impossible d’ouvrir une salle avec, par exemple, seulement 25 % de clientèle, dit Claude Désormeaux. On va creuser notre déficit davantage et, à l’automne, on a un taux d’occupation du calendrier de 96 % avec des taux d’occupation de salles entre 65 % et 100 %. Comment on ferait? On choisirait qui peut assister au spectacle ou non? Ça ne se fait pas.»  

Idem au Diamant, où on calcule qu’il faudrait faire passer la jauge de 600 à 84 places. « Cette règle rendrait impossible toute visée de rentabilité financière », affirme Bernard Gilbert.  

D’autres sont ouverts à tenter le coup. Au Palais Montcalm, par exemple.  

«Dans la grande salle, il y a 900 places sur trois étages, donc c’est envisageable. Ça dépend de l’artiste et du cachet. Nous sommes un OBNL, donc si on peut offrir des spectacles sans être déficitaires, on peut l’envisager», soumet Sylvie Roberge.