/finance/business
Navigation

Fitzgibbon pose ses conditions pour une aide de 279 millions $

Les artisans du Cirque du Soleil mis à pied en raison du confinement devront être payés

Pierre Fitzgibbon s’est exprimé lors d’un point de presse, mercredi, à Québec, quelques instants avant le Conseil des ministres.
Photo Simon Clark Pierre Fitzgibbon s’est exprimé lors d’un point de presse, mercredi, à Québec, quelques instants avant le Conseil des ministres.

Coup d'oeil sur cet article

La réouverture du Cirque du Soleil est « essentielle » pour le Québec, selon le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, mais une aide financière du gouvernement pourrait être accordée seulement si plusieurs conditions sont respectées. 

• À lire aussi - Québec confirme des discussions avec le Cirque  

• À lire aussi: Le mystérieux actionnaire du Cirque  

• À lire aussi: Qui va profiter du prêt au Cirque?  

« On veut que le centre de décision du Cirque soit ici au Québec, on veut que la propriété intellectuelle demeure au Québec, on veut que la direction, le chef de la direction, le président du conseil [d’administration], soient des résidents québécois, et que le siège social soit au Québec », a énoncé M.Fitzgibbon en mêlée de presse, mercredi. 

Ce dernier a également précisé qu’une potentielle aide financière de la part de Québec ne devrait pas servir à payer de dividendes aux actionnaires ni de bonis aux patrons. Des individus reconnus « criminellement responsables d’évasions fiscales » ne seraient pas non plus admissibles, quoique le Cirque du Soleil paie tous ses impôts au Québec et au Canada, a-t-il ajouté.   

• À lire aussi: PKP soutient qu’il faut agir «maintenant»   

• À lire aussi: Guy Laliberté songe à retourner au Cirque  

Le gouvernement du Québec serait disposé à prêter 279 millions $ via Investissement Québec ou le Fonds du développement économique pour sauver le Cirque du Soleil de la faillite, a rapporté TVA Nouvelles, mercredi matin. 

Pierre Fitzgibbon a toutefois refusé de commenter ces informations en affirmant qu’il était trop tôt, et qu’aucune aide financière n’avait encore été approuvée. 

Le ministre a également refusé de donner des noms quant aux entreprises ou aux individus intéressés à acquérir le Cirque du Soleil en précisant qu’il n’avait pas encore discuté avec tous ceux qui avaient démontré un intérêt. 

« On n’a pas à choisir qui va être les propriétaires. Ceux qui sont prêts à respecter les conditions qu’on considère essentielles pour le Québec, on va pouvoir les aider », a-t-il indiqué. 

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Dette d’un milliard $  

Le Cirque traîne une dette d’environ 1 G$. La direction de l’entreprise a d’ailleurs annoncé en mars la mise à pied de 95 % de son effectif, soit 4679 employés. Les 44 spectacles en représentation dans le monde ont été arrêtés en raison de la pandémie. 

Pour le porte-parole du Parti québécois en matière d’Économie, il est essentiel de venir en aide aux entreprises qui « structurent l’économie d’ici », comme le Cirque du Soleil. 

Cette aide doit toutefois être assujettie à plusieurs conditions dont s’assurer que les artisans du Cirque mis à pied en raison du confinement soient payés et qu’un potentiel prêt puisse être éventuellement transformé en capital-actions. 

L’opposition prône la prudence 

Martin Ouellet souhaite également que les liens qu’entretiendraient certains propriétaires actuels du Cirque du Soleil avec des paradis fiscaux soient éclaircis. 

« Comme nous parlons ici de l’argent des contribuables et qu’il y a beaucoup d’éléments à prendre en considération, nous demandons au gouvernement de statuer rapidement sur la forme d’aide qu’il entend octroyer », a fait savoir le porte-parole du Parti libéral du Québec matière de PME et d’innovation, Monsef Derraji.  

Le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, souhaite que Québec s’assure de pouvoir consulter les livres comptables du Cirque du Soleil avant de signer un « chèque en blanc » à l’entreprise, et ce, afin d’éviter un « scénario à la Bombardier ». « L’argent public, ce n’est pas la petite caisse des entreprises », a-t-il indiqué, en entrevue.