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Allégations d’attouchements sexuels: Anglade veut l’heure juste sur Chagnon

Les libéraux demandent à l’Assemblée nationale d’agir

Jacques Chagnon
Photo d'archives, Simon Clark L'ancien président de l'Assemblée nationale, Jacques Chagnon

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Malgré les refus répétés de l’Assemblée nationale, le Parti libéral du Québec demande à son tour une enquête sur les allégations d’attouchements sexuels formulées à l’égard de l’ex-président de l’institution Jacques Chagnon, a appris notre Bureau d’enquête. 

• À lire aussi: Pas d’enquête de l’Assemblée nationale sur son ex-président 

La whip en chef de l’aile parlementaire libérale, Nicole Ménard, a transmis dimanche une lettre à ce sujet au successeur de M. Chagnon, François Paradis.     

Cette décision a d’abord été prise par la nouvelle chef du PLQ, Dominique Anglade, a expliqué la porte-parole Léa Carrière.     

«Mme Anglade a demandé à notre whip en chef de transmettre, au nom de notre formation politique, une requête au président de l’Assemblée nationale, François Paradis, suggérant d’entreprendre toute démarche ou initiative visant à faire la lumière sur la situation», a-t-elle déclaré.     

Impossible d’enquêter 

L’ex-présidente du Parlement wallon Émily Hoyos a récemment déclaré à un média belge que M. Chagnon lui avait mis la main au postérieur, en 2011, alors qu’elle était reçue à l’Assemblée nationale, ce que M. Chagnon a nié.     

L’ex-présidente du Parlement wallon Émily Hoyos (au centre, à l'avant), alors qu’elle était reçue à Québec par son homologue Jacques Chagnon (à droite), en mai 2011.
Photo tirée du site de l’Assemblée nationale
L’ex-présidente du Parlement wallon Émily Hoyos (au centre, à l'avant), alors qu’elle était reçue à Québec par son homologue Jacques Chagnon (à droite), en mai 2011.

La semaine dernière, la troisième vice-présidente de l’Assemblée nationale, Maryse Gaudreault, également députée libérale, a affirmé que l’institution ne pouvait pas enquêter.      

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Quelques jours plus tôt, une porte-parole avait déjà indiqué qu’il était impossible d’enquêter «puisqu’il s’agit d’allégations».     

Mercredi, il n’a pas été possible d’obtenir de l’Assemblée nationale la confirmation que la lettre du PLQ a été reçue par M. Paradis.     

L’institution a reconnu qu’elle détient «en effet certains pouvoirs en matière de gestion» sans préciser s’il s’agit de pouvoirs d’enquête.     

La semaine dernière, les libéraux ont soutenu que l’Assemblée nationale a «toute la latitude et l’indépendance» pour se pencher sur la question.     

Le Parti québécois avait aussi demandé à l’institution d’agir.     

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Excuses exigées 

Selon deux sources, les refus répétés de l’Assemblée nationale ont fait des vagues au sein du caucus libéral. Mme Gaudreault a notamment dû expliquer la position de l’institution, mardi.     

Une ex-attachée politique libérale, Vicki Émard, a par ailleurs accusé sur Facebook Mme Gaudreault de vouloir défendre M. Chagnon en refusant d’enquêter sur les allégations qui le visent.     

En entrevue avec notre Bureau d’enquête, Mme Émard a exigé que Mme Gaudreault s’excuse ou se rétracte. «Ne rien faire est criminel», a-t-elle dit.     

Mme Émard s’est déjà plainte d’avoir reçu une image à caractère pornographique d’un député, Yves St-Denis, qui avait dû quitter le caucus libéral, en 2018.     

M. St-Denis avait reconnu les faits, tout en soutenant qu’il y avait eu consentement.