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En Australie, la réouverture des frontières intérieures fait débat

En Australie, la réouverture des frontières intérieures fait débat
AFP

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BRISBANE | En Australie, la question de la réouverture des frontières qui séparent les différents États fait l’objet d’un vif débat alors que le pays enregistre une forte baisse des cas d’infection par le nouveau coronavirus. 

Plusieurs États, représentant plus des trois quarts de l’immense île-continent, ont fermé fin mars leurs frontières à leurs compatriotes d’autres parties du pays et refusent désormais leur réouverture. 

Comme en Allemagne, aux États-Unis et en Inde, les Territoires et États de l’Australie possèdent d’importants pouvoirs.  

Ainsi, en matière de lutte contre le nouveau coronavirus, ils ont mis largement en œuvre leur propre politique, ignorant parfois les directives de Canberra. 

Alors que d’autres pays très dépendants du tourisme comme la Grèce et l’Islande envisagent d’ouvrir à nouveau leurs portes aux visiteurs en provenance de l’étranger, l’Australie débat de l’opportunité de permettre à nouveau les voyages à l’intérieur du pays. 

Les personnes favorables à la réouverture affirment que ces restrictions n’ont aucun fondement médical alors que le nombre de cas a diminué.  

Ils vont même jusqu’à dire qu’elles sont inconstitutionnelles et qu’elles sont préjudiciables à l’économie, empêchant une reprise du tourisme et du commerce. 

Ce débat met en lumière le dilemme auquel est confronté l’ensemble de la planète, car les villes, les régions ou les pays sortent de la pandémie à des rythmes différents. 

La question a pris une tournure politique en Australie, où les responsables cherchent à exploiter les rivalités régionales à des fins politiques et à marquer des points contre des États dirigés par des partis rivaux. 

La première ministre du Queensland, Annastacia Palaszczuk — une dirigeante du centre gauche, candidate à sa réélection dans quelques mois —, a rejeté les demandes de réouverture de la frontière émanant de la Nouvelle-Galles du Sud voisine. 

«Nous ne recevrons pas de leçons de l’État le moins performant d’Australie», a-t-elle déclaré jeudi, soulignant le fait que cet État doit préalablement mettre fin à toute contamination au sein de sa population. 

La Nouvelle-Galles du Sud, qui comprend Sydney, représente plus de 3 000 des 7 000 cas de COVID-19 enregistrés dans le pays et près de la moitié de la centaine de personnes qui a succombé au virus. 

Mais le nombre de nouveaux cas dans cet État est tombé à environ deux par jour, ce qui a conduit la première ministre de centre droit Gladys Berejiklian à demander la réouverture des frontières.  

Jeudi, elle a affirmé qu’il n’est «pas logique à ce stade, de maintenir ces fermetures de frontière pendant une période prolongée»