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La Chine proclame une « réussite stratégique majeure » contre le coronavirus

La Chine proclame une « réussite stratégique majeure » contre le coronavirus
AFP

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Le premier ministre chinois Li Keqiang a célébré vendredi « une réussite stratégique majeure » dans le combat mené par son pays contre le nouveau coronavirus, apparu fin 2019 à Wuhan.  

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Dans un discours à l'ouverture de la session annuelle du parlement, M. Li a toutefois souligné « la tâche immense » qu'il restait à accomplir face aux conséquences économiques du virus. « Nous devons redoubler d'efforts pour minimiser les pertes », a-t-il lancé aux députés.  

Le premier ministre chinois Li Keqiang a célébré vendredi « une réussite stratégique majeure » dans le combat mené par son pays contre le nouveau coronavirus, apparu fin 2019 à Wuhan (centre).

« Nous, fils et filles de la nation chinoise, sommes restés unis pendant une période infiniment difficile et avons élevé une grande muraille de solidarité », s’est félicité M. Li dans un discours solennel à l’ouverture de la session annuelle du parlement.

Après avoir pratiquement mis le pays à l’arrêt fin janvier en réponse à l’épidémie, Pékin est parvenu à freiner considérablement la contagion, tombée ces dernières semaines à quelques nouveaux cas par jour.

La pandémie s’est entre-temps répandue à la surface du globe.

« Nous avons obtenu une victoire décisive dans la défense de la province du Hubei et de sa capitale, Wuhan », mises en quarantaine pendant deux mois et demi, a affirmé le chef du gouvernement.

Le numéro deux du régime communiste a toutefois souligné « la tâche immense » qu’il restait à accomplir face aux conséquences économiques de l’épidémie. « Nous devons redoubler d’efforts pour minimiser les pertes », a-t-il lancé aux députés.

« Notre réussite s’est payée d’un prix élevé. C’est un prix qu’il fallait payer et qui en valait la peine », a-t-il dit, en référence au plongeon du produit intérieur brut au premier trimestre.

« La pression sur l’emploi a fortement augmenté », a-t-il reconnu.

La Chine renonce à un objectif de croissance pour 2020  

La Chine ne fixera pas d'objectif de croissance cette année, a annoncé vendredi son premier ministre, un bouleversement inédit pour le géant asiatique, toujours fragilisé par la pandémie de coronavirus. 

« Notre pays sera confronté à certains facteurs qui sont difficiles à prévoir » en raison de la pandémie de Covid-19 et de la conjoncture mondiale, a indiqué le premier ministre Li Keqiang dans un discours-fleuve ouvrant la session annuelle du Parlement. 

La Chine a largement jugulé l’épidémie sur son territoire et les restrictions de déplacement sont progressivement levées. Mais les conséquences du virus sur son économie sont amenées à durer.  

Le pays va laisser filer son déficit cette année à 3,6 % du PIB (contre 2,8 % l’an dernier) mettant ainsi un frein à sa politique de désendettement pour soutenir une économie en souffrance. 

Le déficit du pays augmentera ainsi de 1 000 milliards de yuans (128 milliards d’euros) par rapport à l’an dernier, a précisé M. Li. 

La Chine n’a plus connu d’excédent budgétaire depuis 2007. 

Le premier ministre chinois a également annoncé l’émission d’un emprunt d’État pour un montant de 1 000 milliards de yuans. 

« Il s’agit d’une mesure exceptionnelle limitée à (une) période exceptionnelle », a relevé Li Keqiang, précisant que ce total de 2 000 milliards de yuans serait « transféré en intégralité » aux gouvernements locaux pour soutenir l’emploi. 

Pékin entend également rééquilibrer son économie vers la consommation intérieure, au moment où la pandémie paralyse ses principaux partenaires commerciaux, l’Union européenne et les États-Unis, et pénalise les exportations, un secteur clé pour le géant asiatique. 

La banque Nomura, particulièrement pessimiste, table sur 18 millions d’emplois supprimés dans le domaine de l’export en Chine -- soit près du tiers des effectifs d’un secteur essentiel pour son économie. 

En avril, le taux de chômage en Chine, particulièrement surveillé par le pouvoir, s’est établi à 6 %, proche du record absolu de 6,2 % en février.  

Ce chiffre ne reflète toutefois que la situation en zone urbaine et exclut de facto les millions de travailleurs migrants, fragilisés par la pandémie. 

Une explosion du chômage pourrait en outre porter un coup dur à la consommation, sur laquelle compte Pékin pour relancer son économie.