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À qui profite la pandémie?

Aéroport Pierre-Elliott Trudeau
Photo Pierre-Paul Poulin

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Nous sommes en mesure de comprendre après plus de deux mois de confinement que la pandémie est utilisée par des groupes divers pour leurs intérêts idéologiques. 

D’abord, les écologistes les plus militants sont heureux de constater que leurs souhaits se réalisent. Grâce à la pandémie, les villes désertées sont moins polluées.  

Le virus aura donc réussi en très peu de temps à réaliser ce que prônent les écolos. Bien sûr, ils se font discrets sur le prix à payer, à savoir des centaines de milliers de morts. 

Ils se réjouissent aussi que les voyages en avion aient “crashé”, si on peut dire, et qu’au moins la moitié des compagnies aériennes puissent disparaître. Enfin, pour eux, les êtres humains cesseront de polluer la planète et de détruire les plus beaux sites du monde défigurés par le tourisme de masse incontrôlé. 

Capitalisme 

Ces défenseurs acharnés rêvent d’un retour à un mode de vie défini par la simplicité volontaire et par une haine passionnelle du consumérisme.  

Ils croient que le capitalisme est sauvage par définition, car ils taisent la réalité des États-providence.  

En Occident, ces États interviennent aujourd’hui pour éviter le pire, c’est-à-dire une dépression économique qui plongerait la planète dans une situation où l’horreur serait le lot de la majorité des citoyens sans travail, sans argent, sans nourriture et sans toit. 

Aéroport Pierre-Elliott Trudeau
Photo Chantal Poirier

Les adorateurs du veau d’or n’hésitent pas à choisir entre la vie humaine et l’économie, c’est celle-ci qui compte le plus.  

Aux États-Unis, 40 % des Américains appuient encore leur président dingue, qui refuse de porter un masque et de respecter la distanciation physique.  

C’est un président qui est devenu le roi du déconfinement, indifférent au nombre disproportionné de décès dans la population noire et amérindienne. Celui qui préconisait la consommation du désinfectant et de l’hydroxychloroquine à titre préventif mise sur une approche « business as usual », bref, sur un retour rapide à la puissance économique américaine. 

Découvrez À haute voix, une série balado sur les enjeux de la société québécoise contemporaine, par Denise Bombardier.

Chez nous comme en France, on assiste même à une offensive contre notre législation laïque lancée par des salafistes et leurs alliés idéologiques, des chroniqueurs et libertaires, qui confondent délibérément un masque sanitaire et le voile islamique. 

Complot 

Les adeptes des théories du complot qui polluent les réseaux sociaux et même nos institutions de haut savoir espèrent à n’en point douter faire triompher leur vision apocalyptique.  

Ce sont des semeurs de doute, des manipulateurs redoutables qui pratiquent l’art de plonger les gens inquiets et ignorants dans l’angoisse. Tels des rapaces, ils s’emparent des esprits faibles et les entraînent dans des abysses d’où ils n’arrivent pas à voir la lumière. 

Un défi nous attend. Nous ne pourrons accepter de perdre nos libertés si chèrement acquises une fois le virus dompté. Les dirigeants populistes qui exercent le pouvoir aux États-Unis et au Brésil entre autres représentent une menace pour l’avenir démocratique. 

Il faut savoir raison garder. Ne cédons ni aux appels de la décroissance, ni au triomphe de l’argent sur la vie humaine, ni aux tentations totalitaires. 

Demain je poursuis sur le même sujet à la suite d’un sondage vraiment troublant.