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Patrice Brisebois : plus franc que jamais

Patrice Brisebois : plus franc que jamais
Photo d'archives, MARTIN ALARIE

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L’ancien défenseur du Canadien Patrice Brisebois en parle plus ouvertement, aujourd’hui: il a vécu l’enfer, à Montréal, après la signature, en décembre 2001, d’un contrat pouvant lui rapporter jusqu’à 17 millions $ en quatre ans. 

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«Ç’a été l’enfer. Ç’a m’a détruit. Ç’a détruit ma famille. Je ne souhaite ça à personne», a-t-il formulé, jeudi soir, lors d’une franche entrevue à la baladodiffusion “La Poche Bleue”, animée par Guillaume Latendresse et Maxim Lapierre, deux autres anciens du Tricolore. 

«Tu vas mettre de l’essence et il y a un gars qui te dit que t’es un pas bon, a ajouté Brisebois. J’ai eu des menaces de mort. Je vous le dis: ç’a été l’enfer.» 

Près de deux décennies plus tard, Brisebois s’explique encore mal pourquoi certains amateurs et certains médias ont été si méchants envers lui. Selon le principal intéressé, ce traitement injuste demeure clairement lié au fameux contrat qui faisait de lui, à l’époque, le joueur le mieux payé de l’histoire du Canadien. 

«Avant de signer mon gros contrat, je devenais joueur autonome et j’avais connu une dernière saison extraordinaire, a-t-il rappelé, à propos de ses 35 points en 54 matchs en 1999-2000. Les médias étaient unanimes pour dire qu’il fallait resigner Brisebois.» 

Patrice Brisebois : plus franc que jamais
Photo d'archives, Agence QMI

Le Canadien: son équipe

Au début de la trentaine, le défenseur québécois aurait alors très bien pu décider de tester le marché des joueurs autonomes, mais son coeur était à Montréal. 

«Si le Canadien ne m’avait pas donné cet argent-là, il y a une autre équipe qui me l’aurait donné ailleurs et même plus, a soutenu l’homme aujourd’hui âgé de 49 ans. Ceci dit, moi, je suis un vrai Canadien. J’ai gagné la coupe en 1993. Le Canadien, c’est mon organisation, c’est mon équipe et j’ai pris la décision de rester. Oui, c’était un beau contrat et je n’avais jamais pensé faire autant d’argent en jouant au hockey, mais ce n’est pas moi qui ai décidé ça. Quand ils ont divulgué les contrats, c’est là que la flambée des salaires a commencé.» 

«J’ai décidé de signer à Montréal parce que j’y croyais, a poursuivi Brisebois, qui rêvait d’un autre championnat dans sa ville d’attache. Quand j’ai gagné la coupe, j’avais 22 ans, j’étais le plus jeune joueur de l’édition 1993 et j’ai senti que je n’avais peut-être pas apprécié les célébrations à leur juste valeur.» 

Patrice Brisebois : plus franc que jamais
Photo d'archives, Agence QMI

La fierté de porter l’uniforme

Brisebois n’aura finalement jamais eu la chance de soulever à nouveau la coupe Stanley, ayant passé deux saisons avec l’Avalanche du Colorado (de 2005 à 2007) avant de revenir à Montréal pour ses deux dernières campagnes dans la Ligue nationale. 

«L’équipe ne jouait pas bien et ce qui est arrivé, c’est que certains médias (m’ont critiqué), surtout un média anglophone qui avait écrit “17 millions $ gaspillés”, a-t-il noté, en revenant sur les dernières années de son premier séjour avec le Canadien. Des partisans anglais se sont mis à me huer quand je touchais à la rondelle et ç’a déboulé. Parfois, les gens sont des moutons.» 

«Pourquoi? Parce que le petit Québécois qui avait un rêve de jouer dans la Ligue nationale a réussi? Il réussit, il veut rester à Montréal. Et après, j’ai reçu toute cette marde-là. Parfois, tu te demandes si ça vaut la peine. Moi, j’étais juste un gars qui voulait jouer au hockey, performer et qui était tellement fier de porter cet uniforme-là.»