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Préoccupations pour l’aide aux élèves à besoins particuliers

20 % des orthopédagogues ne pourront pas faire de suivis individuels

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Un orthopédagogue sur cinq a dû prendre en charge une classe plutôt que de faire du suivi individualisé auprès des élèves en difficulté lors de la réouverture des écoles, une situation dénoncée haut et fort par l’association qui les représente.

L’Association des orthopédagogues du Québec (ADOQ) a fait circuler un sondage récemment auprès de ses membres. Parmi ceux qui travaillent dans les écoles publiques ouvertes depuis le 11 mai, 20 % ont affirmé devoir maintenant s’occuper d’une classe à temps plein plutôt que de faire des suivis individualisés auprès des élèves en difficulté, comme le réclame Québec.

« C’est énorme », affirme la présidente de l’ADOQ, Isabelle Gadbois.

Dans le contexte du retour en classe, il s’agit de « la problématique la plus importante » parce qu’elle entraîne « l’annulation des services individualisés » auprès des élèves en difficulté, explique-t-elle.

« On dénonce fortement la situation, qui va causer des préjudices pour les élèves à besoins particuliers, ajoute-t-elle. Il y a des milieux qui ne travaillent pas pour les élèves présentement, ils travaillent pour faciliter leurs défis logistiques. »

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a pourtant demandé au réseau scolaire avant le retour en classe de n’avoir recours à des professionnels pour prendre en charge une classe qu’en « ultime recours », évoquant plutôt la possibilité de faire appel aux enseignants du secondaire ou à des finissants en éducation pour combler les besoins de main-d’œuvre.

« Faire ce qu’ils font de mieux » 

Cette semaine encore, en commission parlementaire, le ministre Roberge a affirmé que l’utilisation d’orthopédagogues et d’autres professionnels pour prendre en charge des groupes d’élèves est « une mauvaise utilisation de leurs expertises ». 

« Ils doivent faire ce qu’ils font le mieux : accompagner des élèves pour lesquels il y a des plans d’intervention », a-t-il précisé.

La confusion vient du fait que des orthopédagogues occupent un poste d’enseignants-orthopédagogues ou d’enseignants en adaptation scolaire, plutôt qu’un poste de professionnels, explique Mme Gadbois. 

« Ils ont joué là-dessus pour pouvoir contourner ça », affirme-t-elle, tout en soulignant que ce n’est pas le titre d’emploi qui compte en réalité, mais plutôt les compétences.