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Des experts inquiets pour les régions

La levée des barrages routiers et l’arrivée de touristes montréalais font craindre le pire

barrage policier Saint Tite des Caps
Photo Simon Clark La plupart des barrages routiers, comme celui-ci sur la route 138 à Saint-Tite-des-Caps, ont été levés au Québec.

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Malgré le vent d’optimisme qui souffle sur le Québec avec le retour du beau temps et l’annonce graduelle du déconfinement, des experts s’en font pour les régions en raison de la levée rapide des barrages routiers et de l’arrivée prochaine de touristes provenant du grand Montréal.  

Après deux mois de confinement, les Québécois ont eu droit à une dose de bonnes nouvelles cette semaine avec l’annonce d’une série d’assouplissements aux règles de confinement mises en place au début de la pandémie.      

En dehors de Montréal, un déconfinement contrôlé est possible, puisque «la situation est sous contrôle», considère l’épidémiologiste à la clinique du Quartier latin et chargée de cours à l’École de santé publique de l’Université de Montréal, Nimâ Machouf.      

Dr Nima Machouf.
Épidémiologiste
Photo Agence QMI, Joêl Lemay
Dr Nima Machouf. Épidémiologiste

Toutefois, dans le grand Montréal, le déconfinement «est précipité», selon elle.      

«On a eu notre épidémie trois semaines, un mois après l’Europe, mais on veut déconfiner en même temps que l’Europe. [...] Ce n’est pas la chose à faire», a observé l’épidémiologiste, visiblement inquiète.      

Réfléchir au tourisme  

Ailleurs au Québec, le succès de ces mesures de déconfinement sera lié de près au respect que les gens auront pour les consignes d’hygiène, l’observance de la distanciation sociale, etc.      

«Pendant le déconfinement, les gens doivent être très, très disciplinés», insiste la Dre Machouf.      

Pour un déconfinement réussi, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), il faut notamment empêcher l’importation de nouveaux cas de COVID-19, a-t-elle rappelé. Ce qui ramène alors toute la question des barrages routiers qui, pour la plupart, ont été levés.      

«Il faut réfléchir à ces touristes qui vont arriver en région», croit la Dre Machouf.      

«La chose qui m’inquiète, c’est l’ouverture des routes, a-t-elle confié en entrevue. On a des régions qui sont peu affectées ou pas affectées, et ce sont des régions touristiques. Et là, s’il y a des touristes qui partent de Montréal, l’épicentre de l’épidémie au Québec, pour aller fréquenter ces lieux-là, je ne suis pas très rassurée.»      

Question de préparation  

«En région, selon les échos que j’ai, les gens ne sont pas prêts, a-t-elle continué. Les centres pour personnes âgées ne sont pas prêts. Même les structures sanitaires, hospitalières ne sont pas prêtes. En théorie, ils sont prêts, mais étant donné qu’ils n’ont pas vu l’ampleur de la chose, j’imagine qu’ils n’y croient pas trop.»      

Le mois dernier, un groupe d’experts dirigé par le professeur du département des sciences infirmières de l’Université du Québec en Outaouais, Drissa Sia, avait d’ailleurs recommandé de maintenir les barrages routiers afin de protéger les zones peu infectées.      

«La région qu’on a décidé de déconfiner, on devrait la laisser close, pour la simple raison d’éviter que des gens qui sont dans les régions chaudes ne s’y rendent avant que ne soient maîtrisées les nouvelles façons de faire», maintient M. Sia.      

De façon générale, face aux mesures annoncées à la pièce dans les derniers jours, le professeur demeure optimiste.      

Optimisme et vigilance  

Si les autorités n’avaient pas donné le feu vert à certains rassemblements, certains l’auraient alors fait «dans la clandestinité», ce qui est à éviter.      

Le cas échéant, il y aurait un risque que «les gens ne disent pas la vérité» au cours des enquêtes épidémiologiques, qui sont importantes pour «maîtriser l’éclosion dans une zone donnée», a-t-il rappelé.      

La Dre Machouf est aussi d’avis qu’on doit pouvoir profiter des espaces, surtout extérieurs, où c’est possible de se rendre sans qu’il y ait de risque.      

Toutefois, «soyons vigilants, l’épidémie n’est pas encore passée», insiste-t-elle, en particulier à Montréal, où la situation demeure inquiétante.      

Le Québec se déconfine      

Depuis le 20 mai   

  • Reprise des activités sportives récréatives individuelles ou à deux, sans contact physique, en pratique libre, dans les lieux de pratique extérieurs, comme le golf, le tennis, la randonnée, etc.            

Depuis le 22 mai   

  • Rassemblements extérieurs de 10 personnes et moins.            

À compter d’aujourd’hui   

  • Réouverture des commerces d’alimentation le dimanche.            

À compter de demain   

  • Réouverture des commerces de détail qui possèdent une porte extérieure indépendante dans le grand Montréal, comme c’est le cas en région depuis le 4 mai dernier.            

À compter du 29 mai   

  • Réouverture des musées, bibliothèques et ciné-parcs.            

À compter du 1er juin   

  • Partout au Québec, réouverture des cliniques de soins privés: dentisterie, physiothérapie, ostéopathie, ergothérapie, chiropractie, massothérapie, psychologie, optométrie, acupuncture, naturopathie, homéopathie, travail social, thérapie conjugale et familiale, sexologie, nutrition, orthophonie et audiologie, podiatrie, médecine douce ou alternative et toilettage des animaux.       
  • Exception faite du grand Montréal, réouverture des centres de soins esthétiques comme les salons de coiffure et les barbiers, les centres d’esthétique, les entreprises de manucure et de pédicure, les services d’épilation, de soins de la peau, et les studios de tatouage et de perçage.      
  • Reprise des activités pour les studios d’enregistrement et pour la captation de spectacles en salle (sans public) à compter du 1er juin.             

À compter du 22 juin   

  • Ouverture des camps de jour autorisée.            

Situation au Québec

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Total 84 837+ 9 264

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Total 5 195 725+ 35 114

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