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La révélation de Rue King

Rue King
Photo courtoisie, Ève B. Lavoie La première saison de Rue King est diffusée sur Club illico.

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Vous ne l’avez peut-être pas réalisé, mais vous connaissez déjà Marie Eve Morency. Au cours des dernières années, vous l’avez vue dans Le Ti-Mé Show, Les gags juste pour rire, En mode Salvail, Le Show de Rousseau, La semaine des 4 Julie et Faites-moi rire. Les producteurs télé semblent retenir ses services aussitôt qu’ils prévoient tourner un sketch humoristique. « Je suis “la fille des p’tits sketches” et j’adore ça », déclare l’actrice au Journal. 

La réputation télévisuelle de Marie Eve Morency devrait toutefois changer ce printemps, puisqu’elle s’illustre dans Rue King, une sitcom nouveau genre du Club illico. Elle y démontre son grand talent d’improvisatrice, mais surtout, son timing comique aiguisé. On retient plusieurs bonnes choses des 10 épisodes mis en ligne au début du mois. Et son nom arrive en tête de liste. 

En entrevue, l’actrice raconte avoir vécu une expérience hors du commun en enregistrant la première saison du projet en février dernier. Il faut dire que Rue King n’est pas une sitcom comme les autres. Adaptation québécoise d’un format allemand intitulé Schiller’s Street, la série met ses interprètes à rude épreuve. Ces derniers n’ont aucun texte sur lequel s’appuyer. Aucune répétition non plus. Ils jouent les scènes une seule fois devant public en suivant les directives qu’un « maître du jeu » (Stéphane Bellavance) leur livre dans l’oreillette. 

« Pour un tournage télé normal, tu peux te préparer. Tu apprends tes répliques. Tu sais quels costumes mettre... Mais sur Rue King, c’est de surprise en surprise. Des fois, quand tu finis une scène, les gens sont comme : “Va dans la loge. Quelque chose t’attend”. Et deux minutes après, tu ressors avec un pyjama rose fluo. Je n’avais jamais connu ça avant.  

« La productrice allemande est venue nous voir avant qu’on commence à tourner. Elle nous avait avertis : “Vous allez sortir d’un épisode comme si vous sortiez d’une machine à laver. Ça brasse de tous les côtés. Vous n’allez rien comprendre !” Elle avait raison, et c’est tripant ! » 

De prof à coloc 

Dans Rue King, Marie Eve Morency incarne une étudiante qui loue un appartement en colocation avec son meilleur ami (Pier-Luc Funk) et une avocate en réorientation de carrière (Sophie Cadieux). La comédienne a obtenu le rôle en novembre dernier après avoir reçu un appel « cadeau du ciel » du producteur au contenu du projet, Vincent Bolduc. Elle s’est immédiatement sentie en confiance. 

« J’ai beaucoup de respect pour Vincent et Sophie. Et Pier-Luc, c’est mon plus ancien partenaire d’impro. Je l’ai connu quand il avait 9 ans. Je donnais des cours à l’école de théâtre du Vieux Saint-Eustache. J’étais sa prof ! J’avais 19 ans. » 

Déclic comique 

Marie Eve Morency a compris qu’elle avait un don pour la comédie au cégep. Elle savait qu’elle voulait devenir actrice depuis plusieurs années, mais elle croyait qu’elle était destinée à jouer des personnages dramatiques. Le déclic s’est produit durant ses premiers matchs d’improvisation au Collège Lionel-Groulx à Sainte-Thérèse. 

« J’aime jouer et j’aime écrire des affaires drôles, souligne la diplômée de l’École supérieure de théâtre de l’UQAM. Depuis quelques semaines, je reçois des messages de gens qui font : “Hey, je travaille dans un CHSLD, pis quand je rentre chez moi le soir, je regarde un petit Rue King. Vous êtes comme mon dessert. Ça fait du bien”. Si c’est juste ça, ma petite mission sur terre, changer les idées du monde, les rendre heureux pendant un moment, c’est parfait pour moi. » 

Pause forcée, mais appréciée 

Joueuse régulière dans deux ligues d’improvisation (LNI et LIM), Marie Eve Morency s’ennuie « épouvantablement » des soirées d’impro, d’autant plus qu’en raison du coronavirus, elle ignore quand elles pourront reprendre leurs activités. 

Elle profite du confinement pour recharger ses batteries après trois années plutôt chargées, incluant deux saisons des Sapiens à Radio-Canada, un théâtre d’été et des tournées d’improvisation en Europe. 

« J’ai hâte que ça reparte, mais je dois dire que ce p’tit break ne m’a pas fait de tort jusqu’à présent. Je sens que je vais en ressortir plus forte et reposée. » 

Bien entendu, Marie Eve Morency s’inquiète de « l’après-COVID-19 », mais au lieu d’angoisser, elle s’occupe l’esprit en faisant du jogging et des casse-têtes. 

« J’ai envie que cette pandémie change quelque chose pour vrai. Ce temps d’arrêt est nécessaire. Mère Nature nous envoie réfléchir dans notre chambre. Si on réfléchit juste cinq minutes, on n’a pas retenu la leçon pantoute. »