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Le fléau du vol d’identité sévit toujours

Malgré des mesures de sécurité resserrées, il n’a jamais reçu d’appel de Desjardins pour valider son identité

Jérémie Clairoux qui a été victime de fraudes avec Desjardins en décembre sans avoir d'avertissement à son crédit.
Photo Ben Pelosse À deux reprises, Jérémie Clairoux a été victime d’un vol d’identité chez Desjardins.

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Victime de nouveau d’un vol d’identité en janvier, un Québécois déplore le fait que malgré l’ajout de mesures de sécurité à son dossier de crédit, Desjardins ne l’aurait jamais contacté pour valider son identité. 

Les dernières semaines ont été très mouvementées pour l’ambulancier Jérémie Clairoux. Il n’a jamais cessé de travailler durant la COVID-19.  

Le 14 mai dernier, lorsqu’il a consulté son compte à la Banque TD, trois montants de 2000 $ venaient d’être déposés pour la Prestation canadienne d’urgence (PCU). Le lendemain, il a contacté des responsables à l’Agence du revenu du Canada pour éclaircir cette situation. Une enquête a été ouverte.  

Il assure n’avoir jamais fait cette demande. 

«Le gouvernement m’a confirmé qu’il y avait eu une demande via son système interne avec une tentative d’envoi de chèques. Moi, avec le gouvernement, je suis enregistré pour des dépôts directs. Il s’agit vraisemblablement d’une fraude», raconte M. Clairoux, qui a remboursé les sommes. 

Au Centre antifraude du Canada, on dénombre 51 rapports relatifs à des fraudes d’identité et de demandes de PCU depuis le 14 avril. Et ce chiffre pourrait rapidement grimper au cours des prochaines semaines. 

«Un examen préliminaire des rapports indique typiquement que les fraudeurs demandent la PCU et que les fonds sont dirigés vers des comptes bancaires non associés à la personne qui fait la demande», dit l’organisation. 

Une situation qui ne surprend pas le Bureau Canadien du Crédit.  

«Je crois qu’il va y avoir énormément de fraudes avec ça. Les données de personnes décédées pourraient aussi être utilisées. Les fraudeurs exploitent toutes les failles», répond l’analyste en fraudes Sylvain Paquette. 

Autres fraudes 

Après avoir contacté Ottawa, M. Clairoux a vérifié son dossier de crédit chez Equifax.  

C’est à ce moment qu’il a appris qu’une carte de crédit avait été autorisée en janvier dernier chez Desjardins. L’adresse et le numéro de téléphone à son dossier avaient aussi été modifiés. 

Ce n’est pas la première fois que M. Clairoux est victime d’une fraude. En mars 2019, une carte de crédit avait aussi été activée à son insu chez Desjardins. Les mesures de sécurité avaient alors été resserrées à son dossier de crédit, notamment avec l’ajout d’un mot de passe et d’un système de rappel pour réaliser tous changements ou demande de financement.  

«On avait supposément pris toutes les mesures pour pas que cela arrive de nouveau. Pour la nouvelle carte de crédit, la personne a pu faire une dépense de 4285 $. Desjardins a considéré cette transaction frauduleuse. Par contre, on ne m’a jamais avisé. Pour toutes modifications ou demande de financement, on devait communiquer avec moi», digère mal M. Clairoux. 

Ce dernier n’a pas de compte bancaire chez Desjardins. Son principal lien avec l’institution financière de Lévis passe par son employeur et son programme de Régime enregistré d’épargne-retraite. 

De son côté, Desjardins rappelle que lors d’une fraude, la dette est remboursée. Sans vouloir commenter le cas spécifique de M. Clairoux, l’institution financière concède que «dans de rares occasions», il peut arriver qu’un prêt soit octroyé malgré les alertes aux prêteurs.