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Le monde ne sera plus pareil à la sortie de la crise de la COVID-19

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Illustration Adobe Stock

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Dire que « le monde ne sera plus pareil » à la sortie de la crise, c’est grossièrement exagéré. Par contre, des changements d’habitudes déjà bien amorcés se sont accélérés ces dernières semaines.  

Aussi, des façons de faire qui avaient du mal à s’implanter se sont répandues par la force des choses. On ne reviendra pas en arrière, et cela se répercutera sur notre portefeuille ! Qu’est-ce qui restera de cette crise ?  

Le télétravail gagnera du terrain  

Il y aura certainement des organisations et des gestionnaires contrôlants qui ramèneront tout leur monde au bureau dès qu’ils en auront occasion. Et pour bien des catégories d’emploi, cela restera impossible de travailler de la maison. N’empêche, je vous parie (facile !) qu’il y aura plus de télétravailleurs à l’ère post-COVID, beaucoup plus.  

Sans être parfaite, l’expérience des dernières semaines s’est avérée suffisamment concluante, bien que tout se soit mis en place dans la précipitation (et parfois le chaos).  

Il restera des réticences, mais l’argument financier finira par triompher. Le télétravail permet aux entreprises de réduire leurs dépenses en immobilier, aux travailleurs de gagner du temps et de diminuer leurs frais de transport.  

Plus les gens resteront chez eux, plus les réseaux routiers et de transport collectif seront désengorgés.  

Adieu l’argent comptant ?  

Son avenir ne semblait déjà pas brillant. D’un point de vue pratique, c’est vrai que l’argent comptant rivalise difficilement avec le paiement électronique. En plus, les billets de banque sont maintenant perçus comme des vecteurs de contagion, au même titre que les rats en temps de peste.  

Avant la pandémie, le paiement électronique accaparait les trois quarts des transactions. On déplorait un nombre croissant de commerces qui ne tenaient plus de tiroir-caisse. Ce nombre a explosé en moins de deux mois ! Aujourd’hui, même des dépanneurs rechignent à se faire payer en argent sonnant.  

Cette paranoïa a gagné les échanges d’argent entre individus. On préférait déjà se rembourser entre nous par transferts Interac, alors imaginez la suite.  

Les victimes de cette tendance seront les plus grands utilisateurs de l’argent comptant : les personnes âgées, les ménages à faible revenu, les itinérants et le marché noir (qui se tourne d’ailleurs vers les cryptomonnaies).  

Pour les autres, l’usage du paiement électronique n’est pas sans risque : on finit par perdre le compte à force de dépenser de l’argent virtuel.  

Les institutions financières virtuelles  

On savait ses heures comptées, mais le grand confinement précipite le déclin du service au comptoir des institutions financières.  

Le Globe and Mail faisait état récemment d’une recrudescence importante des inscriptions aux services en ligne dans les grandes banques du pays. Le même phénomène se produit chez Desjardins.  

Durant la pandémie, l’institution a pu observer un bond des « interactions virtuelles » avec les clients. Déjà largement majoritaires, elles plafonnaient. Depuis le début de l’année, comme par enchantement, elles sont passées de 92 % à 94 %. Un petit progrès ? Que non ! Cela nous dit que des irréductibles du service au comptoir se sont convertis et que plus de services peuvent être livrés de façon électronique.  

« Pour le premier trimestre 2020, nous avons des hausses significatives concernant le dépôt mobile de chèques, de signatures électroniques et de préautorisation de prêt hypothécaire avec l’application Ma première maison », affirme Chantal Corbeil, porte-parole chez Desjardins.  

Ça ne sonnera pas pour autant la fin des succursales, mais celles qui resteront seront de plus en plus axées sur les conseils et la vente des produits financiers, et moins sur les opérations courantes.  

Le bond de l’épicerie en ligne  

L’expérience n’a pas été agréable pour tout le monde, l’afflux de milliers de nouveaux clients a vite saturé les services de commandes et de livraisons des épiciers en ligne.  

Quand même, la pandémie aura procuré l’impulsion dont avait besoin l’épicerie virtuelle pour décoller enfin. Surveillez bien les grands de l’alimentation. C’est là que le champ de bataille de l’industrie se déplace. Les épiciers y investiront de l’argent en masse !