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Le jour où les Expos sont morts

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Photo d’archives Jeffrey Loria ne s’est pas fait d’amis lors de son passage à la présidence des Expos.

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Ça se passait à Jupiter en Floride. Jupiter, c’est l’ancien domaine de Céline Dion et de Tiger Woods. Avant le coup de fer. Jupiter, c’était le stade Roger Dean, domicile des Expos pendant leur camp d’entraînement.

Vous savez un peu comment ça peut être doux et encore chaud quand le soleil commence à se coucher vers 6 heures. 

C’était le deuxième camp des Expos depuis l’arrivée de Jeffrey Loria et de David Samson, Grand Galop et Petit Trot, chez les Expos.

L’hiver avait été dur. On sentait bien que ce serait une année morose. Une autre. Mais le camp d’entraînement, c’est toujours optimiste. Le meilleur est toujours à venir dans la Ligue des pamplemousses.

Ce soir de mars, Jeffrey Loria qui avait demandé à ses partenaires québécois d’allonger des millions pour améliorer l’équipe et qui avait essuyé un refus catégorique, avait organisé un mignon barbecue dans la ligne du champ droit.

Ça sentait bon jusqu’aux gradins et la galerie de presse derrière le marbre. Fins vins, grillades, salades, Loria vêtu de son blazer marine en lin léger, était un hôte agréable. Pour ses invités et amis.

Sauf que les associés et copropriétaires québécois n’avaient pas été invités. Ils mangeaient des hot dogs dans la galerie de presse. Avec du Pepsi Diète. 

J’étais à côté de Pierre Michaud, un des actionnaires. Il était livide. Si ses yeux avaient été des revolvers, Loria aurait déjà été mort. 

Michaud, qui avait fait monter Provigo jusqu’en haut de l’échelle, était en train de se faire tasser par Loria à coups d’appels à investir lancés par le vendeur de pièces d’art. Il fulminait. Humilié. Tentant de se donner contenance. 

Ce soir-là, je ne me rappelle plus comment je l’ai écrit le lendemain, j’ai su que les Expos étaient finis. Que le vol serait bientôt consommé. 

J’avais eu le bon feeling...

« I JUST DON’T CARE ! »

Pourquoi je vous parle des Expos de cette façon aujourd’hui ? Parce que j’ai passé la semaine à vivre la semaine du 91,9 consacrée aux Expos. Groutcho, Touche, le Françâ, Bijou, le marquis de la Pouliche, tous ont raconté leurs meilleures histoires de ces Amours qu’on espère revoir bientôt. 

Et hier, après son entrevue, je jasais avec Daniel Poulin qui aura été un des rares défenseurs de Claude Brochu dans la triste saga de la fin des Expos : « J’étais parti de Toronto pour venir couvrir le deuxième ou troisième match de la saison régulière au Stade olympique. Loria et Samson en étaient à leurs débuts. Et déjà, j’entendais des murmures chez les vrais amateurs. J’étais allé le trouver dans sa loge pour une entrevue.

“Je lui avais demandé, poliment selon mon style, comment il réagissait devant l’inquiétude et le mécontentement de certains partisans. Il m’avait regardé dans les yeux et, froidement, presque avec mépris, il m’avait lancé en plein visage : ‘‘I just don’t care !’’ “Je m’en fous”, de raconter Poulin.

Et Monsieur le marquis de conclure : “ Ce n’est pas le ‘I just don’t care’ qui m’avait donné froid dans le dos. C’était ses yeux. Les yeux de Loria. J’ai su à cet instant que les Expos étaient cuits», de dire Poulin. 

Son instinct était bon. Loria était venu mettre la main sur une équipe de baseball majeur. Il a balancé les Expos au baseball majeur, il s’est fait donner les Marlins et après s’être fait construire par les contribuables un stade magnifique de 700 millions US, il a revendu l’équipe à Derek Jeter pour 1,2 milliard US.

Comme flip de business, c’est plus fort que George Gillet avec le Canadien.

ÇA DOIT ÊTRE LE SOLEIL

C’est peut-être le soleil. Je lis ce qu’on prépare dans les bureaux de Gary Bettman avec des séries éliminatoires en tournoi pour 24 équipes. Je regarde et ça me désole. 

En juillet, des joueurs qui vont souffrir, pas un fan, et je me dis que le cash, faut que ça soit fort.

Vous savez pourquoi on veut maintenant 24 équipes ? 

Pour mettre la main sur trois énormes marchés de télévision. Chicago, New York avec les Rangers et Montréal et le Québec avec le Canadien. 

C’est génial, le Canadien va sans doute participer aux séries parce que vous êtes fous du CH. Et vous n’aurez pas le droit de les voir. Même d’y être. 

 Houston, on a un problème.

Le masque du CH

Le premier ministre François Legault portait fièrement le masque à l’effigie du Canadien vendredi matin devant la station de métro Cadillac.
Photo Agence QMI, Martin Alarie
Le premier ministre François Legault portait fièrement le masque à l’effigie du Canadien vendredi matin devant la station de métro Cadillac.

Quel coup de marketing incroyable ! François Legault, le premier ministre le plus populaire de l’histoire du Québec, qui se promène avec un masque du Canadien au visage. 

Photo couleur en page 3 du Journal de l’édition de vendredi. Topos à TVA. Facebook, Radio-Canada, CTV, le coup du masque vaut des centaines de milliers de dollars en marketing. 

France-Margaret Bélanger, mon idole chez le CH, a frappé le coup de circuit du nouveau millénaire. 

Premier message : même les perdants peuvent défier la COVID-19 !

En plus, M. Legault s’est fait le complice d’un autre message du CH avec ce masque sur la bouche. Rien ne sort, tout doit rester derrière le masque. Pas un mot. Top secret. Ce n’est pas un masque, c’est un bâillon. En trois couleurs.

Sans parler du coup du métro à la station Cadillac vendredi. Avec le peuple en transports en commun. Avoir envoyé Marc Bergevin dans le métro, c’est sûr que France-Margaret est trop forte...

DANS LE CALEPIN – Il y a des médecins œuvrant au rabais dans la Santé publique qui trouvent que certaines « veudettes » pourraient se la fermer plutôt que de dire des niaiseries sur la COVID-19 : « J’ai perdu des camarades qui étaient jeunes et en santé. Morts de la COVID-19. Avant de crier au complot, on devrait venir réconforter leurs proches », de m’écrire une de ces médecins qui ont préféré le terrain social aux cliniques plus rentables.