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Assemblée nationale: une «réflexion» sur la présence des bébés au parlement

Le président de l’Assemblée nationale, François Paradis, le mercredi 27 novembre 2019, au parlement de Québec
Photo d'archives Simon Clark Le président de l’Assemblée nationale, François Paradis, le mercredi 27 novembre 2019, au parlement de Québec

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Le président François Paradis propose de «réfléchir» à la présence des bébés dans les salles de délibérations de l’Assemblée nationale.  

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Il n’est pas rare de voir une députée fédérale nourrir son enfant dans le brouhaha de la Chambre des communes à Ottawa. Une situation qui ne s’est jamais présentée au parlement de Québec.    

«À l’instar de certains parlements, l’Assemblée nationale pourrait entamer une réflexion sur la possibilité d’autoriser les nourrissons dans les salles de délibérations (salle de l’Assemblée nationale et salles de commissions), lorsque leur mère ou leur père doivent nourrir leur nourrisson ou en prendre soin», peut-on lire dans le projet de réforme parlementaire du président Paradis, dévoilé mardi.   

En début d’année, la CAQ avait proposé plusieurs mesures de conciliation travail-famille, comme la création d’une halte-garderie et l’instauration d’un congé parental d’un an pour les élus québécois, qui n’ont pas droit au RQAP.   

Aucune trace de ces sujets dans le document du président de l’Assemblée nationale. Ni du serment d’allégeance à la reine d’Angleterre que doivent prêter les députés, qui ulcère bon nombre de péquistes et de solidaires. En février, le gouvernement Legault suggérait de rendre cette pratique facultative.   

François Paradis propose néanmoins de modifier l’horaire des commissions parlementaires pour favoriser une meilleure «conciliation travail-famille-vie personnelle». Les députés n’auraient pas à se rendre au parlement le lundi ou le vendredi.   

Davantage de temps de parole devrait être accordé à l’opposition pour l’étude des crédits budgétaires, pense le président Paradis.   

Il milite également en faveur du vote électronique pour moderniser la procédure.   

François Paradis souhaite également que les élus se penchent sur la possibilité de revoir la disposition du Salon bleu de l’Assemblée nationale. «Des modèles, autres que le traditionnel “face-à-face” britannique, pourraient être envisagés (amphithéâtre, fer à cheval, hémicycle, etc.).»  

Le Québec à la traîne  

Pour la députée péquiste Véronique Hivon, l’allaitement dans les salles du Parlement devrait rapidement passer du stade de «réflexion» à celui de la décision.  

«La conciliation famille-travail devrait être une énorme priorité en ce moment à l’Assemblée nationale car on est vraiment en retard. Ce n’est pas normal que le Québec, qui a été un précurseur avec tant de politiques de conciliation famille–travail, soit à la traîne dans son propre parlement sur cet enjeu», plaide-t-elle.  

Selon la députée de Joliette, le congé parental pour les élus et la création d’une garderie au Parlement n’ont pas besoin d’être liés à une réforme parlementaire pour se réaliser. Et ils doivent rapidement voir le jour.  

Trois députés qui auront un nouveau-né  

Le leader parlementaire solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, reconnaît lui aussi qu’une «réflexion» sur la présence des bambins au Parlement est plutôt «timide». «Nous on est rendu plus loin que la réflexion, nous on pense qu’il faut assouplir ces règles-là».  

Le député de Gouin est tout de même encouragé par les mesures de prévisibilités des travaux parlementaires avancées par le président Paradis. «Pour un parent qui doit savoir, qui doit organiser sa vie de famille, ça peut être très compliqué de ne pas savoir à l’avance s’il doit ou pas de rendre à Québec (pour siéger), surtout quand il n’habite pas Québec», dit-il.  

Québec solidaire estime qu’un congé parental est essentiel pour les politiciens québécois.  

Trois députés solidaires ont annoncé récemment qu’ils attendaient un enfant. «On est face à tout un défi», admet M. Nadeau-Dubois.    

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