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Éric Martel aux commandes d’un Bombardier rapetissé

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Le nouveau grand patron de Bombardier, Éric Martel, va engranger cette année une rémunération de l’ordre de 5,1 millions $ US. 

C’est moins de la moitié de la rémunération de 10,6 M$ US que le conseil d’administration de la multinationale de la famille Beaudoin-Bombardier avait octroyée à Alain Bellemare en 2018, soit lors de sa « meilleure » année à titre de gestionnaire numéro un de l’entreprise.   

Au cours de son règne de cinq ans, Alain Bellemare a bouclé une seule année en territoire positif, et c’était en 2018. Sur un volume d’affaires de 16,2 milliards $ US, Bombardier avait terminé l’année avec un bénéfice net de 318 M$ US. Et c’est l’année où le titre de Bombardier réussissait à atteindre en juillet les 5,40 $, avant de retomber comme une roche dans les mois qui ont suivi la cession du contrôle de la C Series à Airbus. 

Pas du tout sous-payé 

Bien qu’il gagnera une rémunération grandement inférieure à celle d’Alain Bellemare, Éric Martel n’est pas « sous-payé » pour autant. Absolument pas. Il faut garder en perspective que Bombardier ne deviendra bientôt que l’ombre de ce qu’elle était avant que Bellemare remplace Pierre Beaudoin, en février 2015. 

En 2014, Bombardier avait enregistré un volume d’affaires de 20,1 milliards $ US, soit 10,5 G$ US avec la division Aéronautique et 9,6 G$ US avec la division Transport. 

Sous le règne d’Alain Bellemare, la division aéronautique s’est fait amputer de la sous-division Avions commerciaux, avec notamment la vente de la Q Series et la cession de la C Series à Airbus.  

Et juste avant son remplacement par Éric Martel, Alain Bellemare avait « réussi » à vendre la Division Transport à sa grande rivale, la multinationale française Alstom. La transaction devrait se conclure d’ici la fin de l’année, ou au début de l’an prochain. 

L’avenir sous Martel   

En poste depuis le 6 avril dernier, en pleine pandémie, Éric Martel va se retrouver à la tête d’une modeste multinationale lorsque la cure minceur de Bombardier sera terminée. 

On parle ici d’une multinationale strictement spécialisée dans le créneau de l’aviation d’affaires. 

Les analystes de RBC Capital Markets prévoient que le volume d’affaires de Bombardier s’élèvera à 5,5 milliards $ US en 2021. 

Cela représente à peine 27 % du chiffre d’affaires de 20 G$ US réalisé en 2014 sous Pierre Beaudoin. Ou à peine 35 % du volume d’affaires de 15,8 G$ US enregistré en 2019 sous Alain Bellemare. 

Mais une fois l’opération démantèlement complétée, Bombardier se retrouvera avec un assainissement de son bilan financier. 

La rentabilité 

La grande question : sous Martel, Bombardier va-t-elle redevenir rentable, et si oui, à partir de quand ? 

Peut-être à partir de 2022, en autant évidemment que le secteur des avions d’affaires se remette à « voler » rondement. En cette période de pandémie, il est mondialement difficile d’effectuer des projections de vente dans les secteurs, incluant celui des avions d’affaires. 

Le titre de Bombardier se négocie ces temps-ci autour de la barre des 50 cents l’action. 

Dans le cadre de sa rémunération, Martel s’est fait octroyer 2,28 millions de droits de souscription à 46 cents l’action et 3,67 millions d’options à un prix de levée également à 46 cents. 

Bonne nouvelle : Éric Martel a vraiment intérêt à ce que l’action se redresse !