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La Bourse de Wall Street rouvre, avec masques et plexiglas

La Bourse de Wall Street rouvre, avec masques et plexiglas
AFP

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« Le plus important, c’est qu’on relance les échanges, qu’on soit là symboliquement »: pour Peter Tuchman, trader à Wall Street, la réouverture mardi du parquet du New York Stock Exchange après plusieurs semaines de fermeture liée à la pandémie, est une étape essentielle.  

« Les investisseurs (...) ont ressenti notre absence sur le parquet, et la confiance que cela inspire chez tout le monde, de voir cette entité humaine », estime-t-il depuis son domicile dans une interview à l’AFP.   

Face à la propagation rapide à New York de la maladie de COVID-19, le New York Stock Exchange avait décidé de fermer le 23 mars la salle où des courtiers s’agitent habituellement pour acheter et vendre des actions entre diverses stations surmontées d’écrans affichant les prix des entreprises cotées aux États-Unis.   

M. Tuchman, un trader de Quattro Securities âgé de 62 ans et connu pour son visage très expressif et sa coiffure lui donnant un air d’Albert Einstein sur d’innombrables photographies illustrant les articles sur l’activité à Wall Street, est lui-même tombé malade.  

« Je suis maintenant en rémission, j’ai passé le plus dur (...). Le virus a malheureusement fait des dégâts dans mes poumons (...) c’est pour ça que j’ai la voix rauque. Mais on espère que ça finira par partir », dit-il en affirmant ne pas avoir attrapé le virus sur le parquet.   

Il ne retournera pas lui-même mardi dans la salle du mythique bâtiment de Wall Street.  

Environ 80 courtiers seulement, travaillant principalement pour des petites sociétés n’étant pas en mesure de travailler à distance, sont autorisés dans un premier temps à revenir.   

Les teneurs de marchés, dont le rôle principal est d’assurer que les actions peuvent être vendues et achetées rapidement, doivent rester chez eux en attendant un retour progressif à la normale.   

La Bourse de Wall Street rouvre, avec masques et plexiglas
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Pas de métro  

Le port du masque et la prise de température sont obligatoires pour les personnes présentes. En plus des cloisons de plexiglas, les traders devront respecter les distances de sécurité et suivre des trajets pré-déterminés sur le parquet.   

Il leur est aussi demandé de ne pas prendre les transports en commun afin de limiter les sources de contamination.   

« Nous redémarrons prudemment, avec des nouvelle mesures de sécurité destinées à limiter la pression sur le système de santé et les risques pour ceux qui travaillent sous notre toit », a souligné dans un message la responsable du NYSE, Stacey Cunningham.   

La ville de New York, capitale économique du pays et métropole la plus touchée par la COVID-19, continue à imposer le confinement aux entreprises au moins jusqu’en juin. Mais l’industrie financière est considérée comme une activité essentielle.  

Pour marquer l’événement, le gouverneur de l’État de New York Andrew Cuomo sonnera lui-même la cloche marquant l’ouverture de la séance. Il tiendra sa conférence de presse quotidienne depuis la salle du conseil d’administration du NYSE.   

La Bourse de Wall Street rouvre, avec masques et plexiglas
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Le parquet du NYSE reste, avec les Bourses de Chicago du CME et du Cboe ou le marché des métaux de Londres, parmi les dernières places financières au monde où des courtiers sont présents physiquement pour acheter ou vendre des titres.  

Ces derniers sont toutefois beaucoup moins nombreux qu’à la grande époque de l’activité frénétique de Wall Street, la très grande majorité des échanges se faisant désormais depuis les ordinateurs des salles de marché de chaque société financière.   

Mais le NYSE fait régulièrement valoir que la présence d’humains améliore certains moments-clés de la vie boursière, notamment les dernières minutes de la séance ou l’arrivée en Bourse de nouvelles entreprises.  

Pour M. Tuchman, il est essentiel de « montrer aux clients, aux investisseurs, qu’on est prêts à retourner sur le parquet, et à participer à la réouverture de l’économie, des marchés et du monde. »  

« Soyons bien clairs, la pandémie n’est pas terminée », ajoute-t-il toutefois. « Tout ce que cette réouverture veut dire, c’est qu’il y a quelques lits qui sont libres dans les unités de soins intensifs. »  

Faute de « manuel d’utilisation pour la réouverture », « on espère que le marché va rester solide, et que l’économie va rattraper le marché », qui a fortement rebondi depuis mars malgré l’impact économique dévastateur de la pandémie, dit-il.