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Sauver et saboter

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Kristopher Letang résume bien la situation. « Il est impossible de faire l’unanimité dans une telle situation. Alors, autant s’y faire, c’est ainsi qu’il faut voir les choses. »

Il commentait la rumeur voulant que les joueurs des Penguins de Pittsburgh, qui affronteront le Canadien si le concept de protocole de retour au boulot va de l’avant, avaient voté contre la proposition.

« Nous avons voté en faveur, sans aucun problème. »

Au centre du débat, évidemment, c’est la participation du Canadien aux séries éliminatoires. Au même titre que celle des Blackhawks de Chicago. Et, à cet égard, celle des Rangers de New York.

Si vous faites l’équation, vous avez la réponse sur les raisons qui poussent la Ligue nationale à modifier les règles du jeu, à égratigner l’intégrité de la saison régulière. Le hockey professionnel de la LNH va perdre plus d’un milliard de dollars, il faut absolument sauver les meubles.

Donc, il faut que les trois grands marchés de la ligue participent à la relance de l’entreprise.

On revient constamment sur le sujet : Carey Price et le Canadien pourraient-ils écarter Sidney Crosby et les Penguins qui ont terminé avec 15 points de plus que les p’tits gars du centre Bell ? Pourquoi pas ? Qui sait ? Corey Crawford et les Blackhawks pourraient-ils freiner Connor McDavid et Leon Draisaitl ? Pourquoi pas ?

Le repêchage

On songe même à accorder à des équipes comme les Penguins et les Oilers, si jamais, elles retournent sur les plages après une semaine et demie d’activités, le privilège d’avoir une place de choix parmi les équipes qui participeront à la loterie du repêchage des joueurs amateurs. En temps normal, une équipe qualifiée pour les séries ne peut obtenir l’opportunité de participer à la loterie.

Mais on a beaucoup d’autres problèmes à résoudre.

  • La sécurité des patineurs.
  • L’encadrement des joueurs, des entraîneurs, des employés, dans un concept qui repose entièrement sur l’inconnu.
  • Les tests de dépistage seront-ils aussi efficaces qu’on semble vouloir l’anticiper ?
  • Quelle sera la qualité de la surface de jeu si on prévoit trois matchs par jour dès le départ ? N’oublions pas que l’on amorcera cette compétition à la fin de juillet ?

– Et que fait-on avec le repêchage des joueurs amateurs ? Un dossier qui n’est pas sans créer des maux de tête aux décideurs de la ligue. Toutes les décisions prises par les équipes au plan des transactions auront-elles un impact négatif ?

Ce qui est surtout très préoccupant, c’est que les propriétaires et les joueurs veulent sauver une saison tout en risquant de saboter la saison suivante, alors qu’on n’a aucune garantie que la relance économique gonflera les revenus.

La saison

On se dit que c’est pas tellement grave si on amorce la saison 2020-2021 à la fin de décembre. On disputera la grande finale de la Coupe Stanley en juillet, « big deal ! ».

A-t-on réalisé que la formule de 24 équipes invitées aux séries éliminatoires laissera sur le carreau près de 200 joueurs, ceux des équipes écartées du plan de relance ? Ils ne compétitionneront pas avant décembre prochain. Neuf mois d’inactivité. Le même cas s’appliquera aux joueurs éliminés lors du premier tour des séries.

Les joueurs impliqués dans les négociations ainsi que les décideurs de la Ligue nationale disent souvent qu’ils regardent ce qui se passe ailleurs, dans les autres sports, et qu’on prend des notes.

D’accord. Mais le baseball est un sport d’été. Le football peut se jouer en tout temps. Le basketball également.

Et le hockey, sport d’été ? Peut-on sérieusement le penser ?