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Twitter et Trump: le nœud gordien

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Le directeur général de Twitter, Jack Dorsey, est régulièrement confronté à une multitude de controverses, et ce ne sont pas les gazouillis problématiques qui manquent sur le réseau social. Depuis l’élection de Donald Trump, on se demande si les règles qui s’appliquent aux autres usagers s’appliquent également au président.  

La question a refait surface dans les derniers jours, puisque le président a relayé une fois de plus une théorie du complot. Ce n’est assurément pas la première fois que Donald Trump verse dans la désinformation, mais cette fois, l'une des victimes collatérales du message présidentiel s’est manifestée auprès de Jack Dorsey. Je vous laisse ici un lien vers la lettre rédigée pour le dirigeant de Twitter.   

Nous sommes près de 80 millions de personnes à suivre régulièrement les gazouillis présidentiels. Qu’a donc pu écrire Donald Trump pour que l’on demande maintenant que ses tirades soient effacées ou bannies?  

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Le président s’en prend régulièrement à ses critiques, particulièrement ceux qu’on voit et qu’on entend à la télévision. C’est le cas de l’animateur Joe Scarborough, qui est à la barre de l’émission Morning Joe (MSNBC) en compagnie de sa femme Mika Brzezinski. Le couple s’est retrouvé dans la ligne de mire du président en de multiples occasions depuis trois ans et il n’est, hélas, pas surprenant de constater que Donald Trump les attaque à nouveau.  

La semaine dernière, le président a carrément laissé entendre que, lors de son passage en politique il y a une vingtaine d’années, Joe Scarborough aurait tué une stagiaire. Une sombre histoire à laquelle s’ajouterait une relation intime entre le représentant et la victime.  

Lori Klosutis est morte subitement après une chute dans les bureaux de Scarborough, à l’âge de 28 ans. La mort de la jeune femme avait attiré l’attention, en raison de son âge et de sa condition physique. Klosutis courait des marathons.  

Pour surprenante qu’elle fût, cette mort a été expliquée un peu plus tard. La jeune femme et son entourage ignoraient qu’elle souffrait d’un problème cardiaque jamais diagnostiqué. Dès 2001, des journaux à potins ou des sites web se sont chargés d’alimenter les rumeurs, malgré les résultats de l’autopsie. Si l’animateur vedette n’a plus jamais été embêté par cette histoire, les théories sulfureuses n'ont jamais totalement disparu et refont surface à l’occasion.  

Si Joe Scarborough n’a pas encore réagi officiellement au plus récent gazouillis du président sur le sujet (ce n’est pas la première fois), la lettre adressée au patron de Twitter a été rédigée par le mari de la défunte. Il y écrit qu’il souhaite protéger la mémoire de son épouse et il s’indigne du fait que Donald Trump puisse enfreindre la réglementation du réseau sans en subir les conséquences.  

Dorsey et les autres dirigeants de Twitter n’ont pas encore offert de réponse. Confrontés aux nombreux gazouillis agressifs ou mensongers du président depuis son entrée en fonction, ils refusent jusqu’à maintenant de jouer les arbitres ou d’intervenir. Est-ce à dire que Donald peut y écrire n’importe quoi en toute impunité? Vous et moi ne le pourrions pas, mais il est vrai que le président n’est pas un citoyen ordinaire.  

Depuis son élection, je répète qu’on devrait retirer au président son téléphone. C’est ce qu’on a fait avec ses prédécesseurs. Si je pensais d’abord à des raisons de sécurité, je me disais également que la portée légale des propos diffusés par le président devenait problématique. Doit-on par exemple considérer qu’une décision diffusée sur Twitter est valide? Nous savons maintenant qu’elle ne l’est pas aux yeux des autorités militaires.  

Les dirigeants de Twitter ne pourront pas indéfiniment tolérer les écarts du président. Ils devront trancher. S’il est important d’encourager la liberté d’expression, la diffamation et la haine ne sauraient être tolérées. À l’exception des plus farouches partisans du président, personne n’accepterait sans broncher un tel comportement de la part d’un dirigeant.  

Je rappelle en terminant, si vous l’aviez oublié, que Melania Trump dirige toujours une initiative visant à contrer la cyberintimidation...