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Arénas fermés : gare aux dépressions

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Même s’il est bien conscient que les mesures de confinement permettent de sauver des vies, le docteur en psychologie du sport Sylvain Guimond met en garde le gouvernement contre les impacts négatifs liés à l’impossibilité de pratiquer les sports d’équipe. 

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Comme chaque sport individuel, les sports collectifs possèdent de nombreux bienfaits sur la santé physique et mentale des gens. Ils apportent toutefois un avantage supplémentaire non négligeable: le sentiment d’appartenance. 

C’est de ce sentiment que seront privés des centaines de joueurs de hockey amateurs, cet été, puisque la Direction générale de la santé publique n’a toujours pas recommandé l’ouverture des arénas. 

«Autant chez les plus jeunes que les plus vieux, l’être humain est un être social, a expliqué le Dr Guimond lors d’une entrevue, cette semaine. Il a besoin d’appartenance. C’est assez important comme besoin; c’est le troisième besoin de la pyramide de Maslow, après les besoins physiologiques pour la survie, tels que se nourrir, et celui de sécurité.» 

«Il faut savoir que lorsqu’on fait un sport d’équipe, il y a une grande partie de social dans tout ça. On retrouve ses amis et on peut jaser de toutes sortes de choses. Il y a beaucoup de thérapies qui se font dans les arénas. Et là, on est privés de ça.» 

Hausse marquée des dépressions

L’isolement pourrait ainsi avoir un effet nocif sur la santé mentale des gens. Questionné à savoir si on pourrait observer une hausse des maladies mentales, le Dr Guimond a donné une réponse sans équivoque: «j’en suis certain». 

«Ce n’est pas une question de savoir s’il va y avoir des gens qui vont faire des dépressions. C’est déjà commencé, a-t-il affirmé. Les gens vivent dans l’incertitude. Certains vont avoir de la difficulté à joindre les deux bouts et à nourrir leur famille. Et il y a des gens pour qui leur activité physique ou leur sport à la télé, c’était leur seule activité. Et maintenant, ils sont coupés de ça.» 

«Le nombre de dépressions qu’on vivra va être en hausse énorme. Vous savez, la dépression est la maladie la plus souffrante qui existe. C’est une maladie qui amène certaines personnes à s’enlever la vie pour arrêter la souffrance. Donc, veut-on que les gens vivent l’anxiété et l’angoisse pour se retrouver en dépression? Non. C’est pour ça qu’on doit redonner doucement la liberté aux gens pour qu’ils puissent retrouver un sens à leur vie.» 

Ainsi, selon le spécialiste, le gouvernement du Québec devrait songer sérieusement à rouvrir rapidement les installations qui permettent la pratique des sports d’équipe intérieurs. 

«Je le souhaite de tout cœur», a-t-il conclu.