/sports/hockey/canadien
Navigation

«Une décision émotive» - Bob Gainey

«Une décision émotive» - Bob Gainey
Photo Courtoisie / M.A L�Allier Relations publiques

Coup d'oeil sur cet article

Aujourd’hui âgé de 66 ans, l’ancien capitaine du Canadien de Montréal Bob Gainey faisait un peu de ménage quand il est tombé sur tous ces objets qui dormaient dans le fond d’un placard. Rapidement, le numéro 23 a pensé qu’une mise aux enchères pouvait être une solution intéressante. D’autres l’ont fait avant lui.  

«J’étais dans une période où je sentais le besoin de changer des choses dans ma vie, a-t-il indiqué, mercredi, en marge d’une vente organisée par Classic Auctions. J’ai amassé et déménagé ces objets pendant des années. Je ne voulais pas les remettre dans l’armoire. J’ai senti que c’était un bon moment pour moi d’avancer.»

Gainey, qui a également occupé le poste de directeur général du Canadien de 2003 à 2010, aura vécu son lot d’épreuves au cours de sa vie. En 1995, sa femme Cathy est décédée à la suite d’un cancer du cerveau. Elle n’avait que 39 ans. Puis, en décembre 2006, sa fille Laura est disparue après être tombée d’un voilier dans l’océan Atlantique. Son corps n’a jamais été retrouvé. On n’oublie jamais de tels événements, on apprend à vivre avec, mais parfois, certains objets viennent remuer le passé.  

«C’est une décision émotive, a noté Gainey, à propos du choix de vendre tous ces souvenirs. C’est difficile au début, mais une fois que la décision a été prise, j’étais correct avec ça.»  

Gainey sait trop bien ce qu’est faire un deuil. Et pour des objets, c’est forcément plus facile... Aux enchères, il y a donc cette bague de sa première coupe Stanley remportée à l’issue de la saison 1975-1976 avec le Canadien. Il s’agissait aussi d’un premier bijou précieux depuis le jonc de son mariage avec Cathy. Et tous ces objets de la Coupe Canada, en 1981, lui rappellent inévitablement la naissance de Laura survenue le même jour où Gainey et ses coéquipiers ont battu l’Union soviétique au Forum de Montréal. 

«Une décision émotive» - Bob Gainey
Photo Courtoisie / Morin Media

La contribution de Stephen  

Gainey vend une soixantaine d’objets de sa collection personnelle. Il en a offert quelques-uns au Temple de la renommée du hockey, puis sans vouloir énumérer les raisons, il a gardé une douzaine d’articles pour lui et sa famille, dont la rondelle de son premier but dans la Ligue nationale de hockey (LNH), en 1973.  

Ses enfants Anna, Stephen et Colleen ont évidemment été consultés. Ils étaient d’accord pour aller de l’avant avec cette mise aux enchères. Stephen a même contribué en cédant de vieilles jambières que lui avait données Patrick Roy.  

«Stephen a amassé beaucoup d’objets lui-même, a noté Gainey, à propos de son fils qui a joué 33 matchs dans la LNH, avec les Stars de Dallas et les Coyotes de Phoenix. Pour cet encan, il y a quelque chose qui était la propriété de Steve, soit les jambières de Patrick Roy. C’était un cadeau de Patrick à Stephen.»  

Plus jeune, Stephen Gainey collectionnait en effet les objets que lui offraient les joueurs du Tricolore ou d’autres vedettes de la LNH quand son père, par la suite, était devenu entraîneur des North Stars du Minnesota.  

«Stephen était un jeune homme d’une dizaine d’années quand j’ai fini avec le Canadien et il était toujours dans le vestiaire du Canadien, a précisé l’Ontarien en souriant. C’était le jeune ami de quelques joueurs.»  

Plus de 200 000 $  

Déjà, la somme amassée sur le site web de Classic Auctions approche les 100 000 $ et la bague de la coupe Stanley de 1976 dépasse les 6000 $. L’encan se poursuit pendant encore une vingtaine de jours et on peut prédire, sans avoir peur de se tromper, qu’au moins 200 000 $ seront récoltés.  

Un montant sera d’ailleurs versé à la Fondation des Canadiens pour l’enfance, une façon pour Gainey de faire du bien avec certains objets lui rappelant quelques souvenirs plus douloureux.   

Plus d’équipes dans les éliminatoires!

«Une décision émotive» - Bob Gainey
Photo Courtoisie / M.A L�Allier Relations publiques

Bob Gainey est définitivement heureux du scénario à 24 équipes et applaudit l’éventuelle présence du Canadien de Montréal dans les prochaines séries éliminatoires.  

«Le fait que le Canadien puisse participer aux séries éliminatoires, c’est une très bonne chose, a-t-il dit, en levant son pouce en l’air. Personnellement, je trouve depuis un certain temps qu’il n’y a pas assez d’équipes dans les séries. Les joueurs doivent avoir une chance, même si c’est une toute petite, de gagner la coupe Stanley. D’avoir plus d’équipes dans les éliminatoires est un bon changement, selon moi.»  

Évidemment, la solution à 24 formations est temporaire, en raison de la pandémie de coronavirus, mais Gainey ne s’opposerait pas à un tel plan pour le futur.  

«Je suis 100 % en faveur que la ligue reprenne la saison et qu’on joue pour la coupe Stanley, si c’est possible, a-t-il par ailleurs résumé en vue de la fin de la présente campagne. Je sais que les joueurs aimeraient avoir la chance de jouer pour la coupe et je crois que les partisans sont prêts à retourner devant leur téléviseur pour regarder du sport.»  

En confinement depuis le 10 mars près de sa ville natale de Peterborough, Gainey semble lui-même avoir très hâte à la reprise des activités. Pour encourager le Canadien, visiblement.