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Bergevin a dit ce qu’il fallait

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Photo d'archives, AFP Gary Bettman (à droite) et son adjoint Bill Daly agissent dans les meilleurs intérêts de la LNH, a fait remarquer Marc Bergevin.

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Gary Bettman peut être fier de Marc Bergevin. Le directeur général du Canadien s’est comporté comme un homme fidèle à la Ligue nationale de hockey, lors de son premier point de presse en plus de trois mois, hier après-midi. 

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Il n’a émis ni réserves ni doutes au sujet du plan de retour au jeu de la LNH annoncé mardi. Aucune contestation non plus pour ce qui est de la formule du repêchage. 

Solidarité sur toute la ligne ! 

« Je contrôle ce que je peux », m’a-t-il répondu lorsque je lui ai demandé s’il avait été impliqué dans le processus décisionnel des mesures annoncées par la ligue. 

Les pourparlers se sont déroulés strictement entre Bettman, son adjoint Bill Daly et les dirigeants de l’Association des joueurs. On peut penser que les deux parties étaient entourées d’une batterie d’avocats et de médecins. 

La ligue fait de son mieux 

Il faut dire que la situation est des plus particulières. Oui, il est encore question d’argent. Il en sera toujours ainsi dans le monde du sport professionnel. Mais on parle avant tout de vies à préserver.  

La LNH est confrontée comme toute la planète à un ennemi qui chamboule tout. Un retour à la normalité sera impossible tant qu’un remède ne sera pas découvert. 

Bergevin a d’ailleurs rappelé à quelques reprises hier que les plans de la ligue iront au gré des événements. Le tournoi qui est sur la table pourrait ne jamais avoir lieu. 

« Je n’ai aucun contrôle sur ce que la ligue veut », a-t-il dit. 

« Mais je suis conscient que Gary Bettman et Bill Daly agissent dans les meilleurs intérêts de la ligue. J’ai discuté avec des directeurs généraux. Il y a des choses qu’on aime, il y en a d’autres qu’on aime moins. 

« Mais comme Daly l’a dit, c’est pour le bien de l’ensemble de la ligue. » 

Occasion de se valoriser 

Bergevin est content que le Canadien ait été retenu pour la ronde de qualification qui précéderait les vraies séries. À ses yeux, ce serait une belle occasion pour ses joueurs de faire amende honorable après la décevante saison qu’ils ont connue. 

Une autre, peut-on ajouter. 

Bergevin a répété que tout est possible pour n’importe quelle équipe qui accède aux séries. C’est vrai. Le Canadien nous l’a montré lui-même à quelques occasions dans le passé. Mais l’équipe misait sur plusieurs bons chevaux. 

Comment Bergevin peut-il penser que l’équipe qui peinait à gagner cette saison, une formation qui a traversé deux séquences de huit matchs sans victoire, pourrait venir à bout d’une machine bien rodée comme celle des Penguins de Pittsburgh ? 

« Parce que ça se joue sur la glace, pas sur une feuille de papier », a répondu Bergevin à l’animateur Tony Marinaro, de la radio de TSN. 

Après Bettman, c’est Bernard Geoffrion qui doit être content d’entendre Bergevin au royaume des cieux. Le Boomer disait toujours qu’un match de hockey se joue sur « une patinoire de 200 par 85, pas dans les journaux ». 

Oublier Lafrenière 

C’est sûr que les joueurs veulent gagner. C’est l’essence de leur travail, pour lequel ils sont grassement payés. Claude Julien et son personnel d’entraîneurs partagent le même but. Dans leur cas, leurs postes sont menacés quand ils perdent. 

Mais il y aurait un hic en cas de victoire contre les Penguins. Plus de participation à la loterie du repêchage. Zéro chance de pouvoir mettre la main sur Alexis Lafrenière, Quinton Byfield ou Tim Stützle. 

Mais voilà que l’on apprend aussi que ce ne serait pas beaucoup mieux advenant une défaite. Le Canadien verrait ses chances de remporter la loterie Lafrenière diminuer de 6 à 3 %, ou l’un des trois premiers choix de 19 à 12,5 %.  

Pas sûr que Bergevin soit entiché de ça. 

Comme me l’a dit mon confrère Jean-François Chaumont, la LNH doit souhaiter que la première phase de la loterie regroupant les équipes éliminées suffise à déterminer les gagnants. 

 

Dorion doit bien dormir 

Comme les six autres équipes de la LNH éliminées des séries, les Sénateurs d’Ottawa pourraient ne pas jouer avant le mois de décembre. Ça voudrait dire une longue période d’inactivité de neuf mois. 

Ce sera dur sur le porte-monnaie de Eugene Melnyk. Mais le propriétaire des Sénateurs pourrait se reprendre de belle façon pour la saison 2021-2022 et les campagnes suivantes si son équipe fait banco au repêchage. 

Avant-derniers au classement général, les Sénateurs ont 13,5 % des chances de remporter la loto Lafrenière avec leur choix. Mais en ajoutant le premier choix qu’ils ont obtenu des Sharks dans la transaction qui a envoyé Erik Karlsson à San Jose, ils bénéficient de 11,5 % de chances additionnelles pour un total de 25 %.  

Rappelons que le choix qui appartenait aux Sharks est troisième dans l’ordre de sélection.  

À quand l’amphithéâtre ? 

Le directeur général Pierre Dorion doit bien dormir même si son équipe ne jouera pas avant longtemps. Son patron n’a pas choisi une option facile quand il a décidé de se départir de ses meilleurs joueurs pour rebâtir son équipe. 

Mais avec Thomas Chabot et Brady Tkachuk qui font déjà partie de la formation et les autres jeunes qui s’en viennent, les Sénateurs seront à surveiller. 

Il ne restera plus qu’à offrir un nouvel amphithéâtre aux partisans des Sénateurs. Les histoires ne manquent pas à ce sujet. 

On dit que Melnyk n’aurait pas les moyens de participer au financement d’un tel projet et que les frères Paul et André Desmarais n’attendent qu’une mise en vente pour acheter l’équipe. 

Or, il affirme à tous ceux qui veulent l’entendre qu’il n’est aucunement question de vendre et qu’il entend toujours mener le projet de construction d’un nouvel amphithéâtre à bon port. 

Qui vivra verra !