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Décès

Privée de son père durant 3 semaines

Une jeune femme a dû se battre pour aller au chevet de son père souffrant d’un cancer et de la COVID en CHSLD

Tamara Boivin-Nantel
Photo Chantal Poirier Tamara Boivin-Nantel a dû attendre près de trois semaines pour aller au chevet de son père de 63 ans, Mario Boivin au CHSLD Jeanne-Le Ber à Montréal, même si elle est son aidante naturelle et qu’il est atteint d’un cancer et de la COVID-19.

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Une Montréalaise dénonce qu’un CHSLD l’a forcée à traverser un véritable parcours du combattant pendant trois semaines pour réussir à voir son père atteint d’un cancer et de la COVID-19.

« Je me sens volée de mes dernières semaines avec lui », enrage Tamara Boivin-Nantel, qui s’est démenée pour se rendre au chevet de son père, au CHSLD Jeanne-Le Ber, à Montréal.

Souffrant d’un cancer du cerveau et recevant ses derniers traitements de chimiothérapie, Mario Boivin, 63 ans, a déménagé au CHSLD juste avant le début de la pandémie.

Mario Boivin, 63 ans, est atteint d’un cancer et de la COVID-19.
Photo courtoisie
Mario Boivin, 63 ans, est atteint d’un cancer et de la COVID-19.

Il déjouait les pronostics, selon sa fille, qui croit que s’il n’avait pas contracté la COVID-19 son père aurait pu s’en sortir.

Sa fille unique de 27 ans lui parlait au téléphone tous les jours lorsque les visites ont été interdites. Grâce à son cellulaire, car une ligne fixe n’avait jamais été installée, malgré les demandes répétées, dit-elle.

Quand le gouvernement a donné le feu vert aux aidants naturels dans les centres d’hébergement et de soins de longue durée, elle a tout de suite fait connaître son intérêt.

Oubliée

Elle devait être inscrite à une formation, mais jamais elle n’a été rappelée. Mme Boivin-Nantel affirme qu’on lui a dit que son nom avait été « oublié » dans la liste. 

Puis la mauvaise nouvelle tant redoutée est tombée. Lundi, elle a su que son père avait la COVID-19. 

« Ça devenait plus qu’urgent », souffle-t-elle.

Mais encore une fois, le personnel lui demandait d’attendre une autre semaine pour enfin être admise dans l’établissement. 

Après des appels incessants et deux plaintes, elle a enfin pu tenir la main de son père vendredi. 

D’ailleurs, Mme Boivin-Nantel était sans nouvelles de lui depuis près d’une semaine, car le cellulaire du sexagénaire ne fonctionnait plus.

« Une chance que je l’ai vu. [...] Ça m’a fait mal au cœur, un choc », déplore-t-elle. Il était affaibli, fiévreux et incapable de parler. Elle a demandé de la glace et ouvert une fenêtre pour tenter de le rafraîchir.

Transfert demandé

Mme Boivin-Nantel réclame désormais le transfert à l’hôpital rapidement afin que son père reçoive des soins respiratoires. Elle soutient qu’au CHSLD, les médecins ignoraient que les traitements de chimiothérapie de M. Boivin progressaient bien et que le cancer ne l’avait pas du tout condamné.

« C’est aberrant, juge-t-elle. Son état s’est dégradé et je n’ose pas imaginer ce qui serait arrivé si je ne m’étais pas battue », poursuit-elle.

Le Centre intégré universitaire de santé et des services sociaux (CIUSSS) de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, qui supervise ce CHSLD, assure que les équipes font preuve « de souplesse et d’humanisme » pour permettre aux proches de se réunir.

Par contre, le porte-parole du CIUSSS Christian Merciari indique qu’il est possible qu’il y ait eu un « malentendu et que certaines personnes n’aient pas reçu d’appel », notamment si une personne ne répondait pas aux critères de proches aidants, soit d’offrir des soins régulièrement.

Mais Mme Boivin-Nantel a toujours été la seule proche aidante de son père et s’en prend plutôt à la désorganisation et au manque de ressources flagrant du CHSLD, dont elle dit avoir été témoin.

Un résumé pertinent de la journée,
chaque soir, grâce aux diverses
sources du Groupe Québecor Média.