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Un rorqual à bosse s’approche de Montréal: du «jamais vu»

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Un rorqual à bosse, un grand cétacé habitué des eaux de la Côte-Nord, s’approche de l’île de Montréal, dans le sud-ouest du Québec, une situation jamais vue selon le Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM). 

«C’est une première à notre connaissance», a lancé en entrevue à TVANouvelles.ca Marie-Ève Muller, du GREMM, vendredi.

Le rorqual a été observé sporadiquement au fil de sa route dans le fleuve Saint-Laurent, depuis mardi.

Le mammifère marin, dont l’âge demeure inconnu pour l’instant, a d’abord été vu à plusieurs reprises près des ponts de Québec vers 15 h 30 mardi, selon Mme Muller.

Aucune nouvelle du rorqual mercredi en journée, mais en soirée il a offert tout un spectacle, à la hauteur de Portneuf.

Le rorqual a effectué plusieurs sauts dans l’eau, «signe qu’il est en bonne santé. Il semblait en bonne forme et nageait librement», a expliqué la responsable des communications.

Le spécimen a poursuivi son chemin jusqu’à Trois-Rivières, où il a été vu jeudi. La baleine semblait bien s’alimenter et avoir un cycle de respiration dit «normal».

Difficile de confirmer à 100 % que toutes les observations concernent la même baleine, mais «on soupçonne que ce soit toujours la même», a indiqué Mme Muller.

Vidéo spectaculaire

Vendredi matin près de Sorel-Tracy, Simon Ferland, un plaisancier, a vu la baleine de très près et a même réussi à faire une brève vidéo.

Elle semblait se diriger vers l’île de Montréal.

Puisque la circulation fluviale est dense près de la métropole, des agents des pêches patrouillent afin de s’assurer que les bateaux restent à distance. Les pilotes de navires commerciaux sont également avisés de la présence du rorqual et doivent faire preuve de vigilance.

Eau douce, un danger?

Habitué à l’eau salée, sa promenade en eau douce ne devrait pas lui causer de préjudice, du moins à court terme. Le rorqual pourrait développer des problèmes d’hydratation, des problèmes de peau, mais seulement après plusieurs mois, assure Mme Muller.

Impossible de savoir ce qui explique un tel comportement chez un cétacé, soit s’aventurer aussi loin de son habitat naturel. Souvent, de jeunes individus vont explorer des cours d’eau, pour ensuite revenir à la maison. De jeunes bélugas ont déjà été vus en Floride, selon la spécialiste.

«On a aussi un narval dans le Saint-Laurent, habituellement ils sont en arctique!», a donné en exemple la porte-parole.

Près de 500 individus présents dans le fleuve sont connus des organisations de surveillance et de protection des mammifères marins.

«On souhaite qu’elle retourne à la maison. Nous, on ne peut pas aller sur la Côte-Nord, mais elle est venue nous visiter. C’est vraiment exceptionnel», a conclu la porte-parole.

Appel à la population

Bien que les plaisanciers doivent respecter une distance minimale de 100 mètres avec les baleines sur l’eau, le GREMM invite la population à prendre des images du spécimen afin de l’identifier le mieux possible et faire le suivi de son état de santé.

Si vous apercevez l’animal, le GREMM vous invite à signaler la présence du cétacé par téléphone à la ligne d’urgence 24 heures au 1 877 722 5346.