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Voyage fascinant dans la vie d’un géant

Géant Ferré
Photo d'archives Le Géant Ferré, André the Giant chez nos voisins du sud, était un personnage plus grand que nature.

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André The Giant ou si vous aimez mieux le Géant Ferré, ne mesurait pas 7 pieds et 4 pouces. Combien faisait-il ? Pat Laprade et Bertrand Hébert ne le disent pas. Parce que personne ne le savait exactement.

C’était au moins 7 pieds. Pendant Wrestlemania III disputé à Pontiac, au Michigan devant « 93 400 » spectateurs, les commentateurs disent que le Géant mesure 7 pieds et 5 pouces et pèse 502 livres. Hulk Hogan grimpe à 6 pieds et 8 pouces. 

Et, soit dit en passant, il n’y avait pas 93 400 personnes dans l’immense Silverdome.

En fait, Bertrand Hébert et Pat Laprade ont réussi le tour de force de clarifier la plupart des légendes urbaines entourant André Roussimoff, dit André The Giant et Jean Ferré au Québec, sans jamais diminuer l’histoire de cet homme atteint de gigantisme. Une maladie qui, avec tous les excès du bon géant, l’a fait mourir à 46 ans.

LA LONGUEUR DES PETS

C’est une œuvre colossale. Comme son sujet. Un livre de 582 pages bien remplies et surtout bien documentées. Un travail de moine auquel se sont astreints Laprade et Hébert.

« Je me suis concentré davantage sur les années de sa naissance jusqu’au début des années 80. J’aime la recherche et c’est ma force. Bertrand Hébert a travaillé des années 80 jusqu’à la mort du Géant. On se réunissait pour valider nos recherches et pour être certains d’avoir un livre cohérent », expliquait Laprade cette semaine.

Quand je dis qu’on ne manque pas grand-chose, il y a même des pages consacrées aux énormes flatulences du Géant Ferré. Il aimait boire une caisse de 24 de bonne bière en avalant des repas gargantuesques. Le résultat était particulièrement nauséabond et... bruyant. Les anecdotes sonores abondent. Dans les ascenseurs, les avions, les vestiaires et même dans le ring pendant certains combats où le Géant était particulièrement éméché. 

D’ailleurs, Laprade et Hébert n’en sont pas à leur premier livre. Ils racontent les dessous de la lutte sans essayer de prendre les lecteurs pour des tatas naïfs. Ils expliquent clairement qu’un bon lutteur doit « vendre » les coups salauds que lui donne son adversaire. Et quand le Géant était maussade, il refusait de « vendre » les coups de pied ou d’avant-bras. C’était le signal qu’il ne fallait pas niaiser avec lui.

OUI BOSS, NON BOSS

Le livre a été d’abord écrit en anglais pour la maison d’édition de Toronto qui a passé la commande. C’est Laprade et Hébert eux-mêmes qui l’ont traduit. Ça se sent en quelques occasions quand il se glisse un anglicisme de trop. Et l’éditeur chez Hurtubise a laissé passer quelques fautes de grammaire. Mais une brique de 582 pages peut cacher quelques fautes d’inattention. Globalement, Le Géant Ferré, la huitième merveille du monde est un livre bien écrit et très agréable à lire. Surtout qu’à la fin, on fournit au lecteur un lexique des principaux termes employés dans la lutte professionnelle.

Et puis, le plus grand mérite de cette brique est ailleurs. C’est dans le portrait émouvant d’un homme au cœur d’or prisonnier d’un corps qui a fini par le tuer. André Roussimoff n’aimait rien de mieux que de s’asseoir tôt en soirée dans le vestiaire des lutteurs pour y jouer d’interminables parties de cartes. Par les soirs de blizzard, il fallait que des coursiers lui dénichent de bons jeux de cartes dans la ville si le Géant avait oublié ses jeux. Il retrouvait une ambiance de camaraderie même si la plupart l’appelaient « boss » parce que son entente avec Vince McMahon père lui garantissait un statut particulier et une pleine liberté d’action. Il était la vache à dollars de la WWF, mais il pouvait lutter pour n’importe quel autre promoteur. 

SUR YOUTUBE...

Les derniers chapitres racontent avec pudeur et franchise le déclin d’André. Ça m’a rappelé le déclin d’Elvis, les deux prisonniers d’une scène qui les happait et d’une célébrité qui était trop payante pour qu’on leur permette d’arrêter.

Un des plaisirs d’écrire cette chronique aura été les heures passées à me balader dans YouTube. On y retrouve la plupart des combats dont on parle dans le livre de Laprade et de Hébert. Offrez-vous le plaisir même si vous allez être prévenu à quel point le Géant était souvent mal en point et que ses adversaires devaient l’aider à se relever. Sans que ça paraisse trop.

Un bon livre. Plein de belles découvertes. Sortie le 10 juin.

Un masque de quelques millions 

Lundi, j’écrivais ces deux petites lignes à la fin d’un court texte sur le masque du Canadien donné au premier ministre du Québec. Supposément par Shea Weber : « Vous pensez que le masque offert à François Legault était gratuit ? Attendez de voir la suite... »

On connaît la suite. Et effectivement, ce n’était pas vraiment gratuit. On a appris hier que le Groupe CH avait embauché trois lobbyistes pour piloter les dossiers du groupe auprès du gouvernement et quelques-uns de ses ministres. 

Il n’y a pas de quoi se scandaliser. Surtout que la compagnie responsable des opérations de hockey n’est pas impliquée dans les démarches. C’est plus du côté d’evenko qu’on va quêter de l’aide.

Un des problèmes, c’est qu’evenko appartient maintenant à 49 % à Live Nation, une compagnie américaine. Mais je présume que le CH va avoir droit à l’aide prévue dans les programmes existants. On va y revenir.

LES OLYMPIADES D’EOTTM

Quelle bonne idée ! Les dirigeants d’EOTTM ont organisé des olympiades pour leurs boxeurs. En respectant la distanciation. David Lemieux, Steven Butler, Erik Bazinyan et les autres se livrent à des compétitions de courses, de push-up et d’autres exercices et sports liés à la préparation pour la boxe. Le gagnant pourra verser 1000 $ à une œuvre de charité de son choix. C’est sur Facebook et Punching Grace. Je mets un p’tit deux sur Butler.