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Embaucher sans contact humain: un défi pour les entreprises et les candidats en temps de pandémie

Embaucher sans contact humain: un défi pour les entreprises et les candidats en temps de pandémie
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La pandémie transforme le processus d’embauche. Avec des rencontres majoritairement virtuelles dorénavant, celui-ci comporte de nouveaux avantages et désavantages avec lesquels doivent jongler autant l’employeur que le futur employé.

Pour Joanie Miville, Claudia Breton et Amélie Beaulieu de Talena recrutement & Expertise RH, à Québec, l’adaptation des entreprises avec qui elles collaborent s’est faite très rapidement, grâce à des plateformes d’entrevues virtuelles. 

Bien que la majorité de ses clients aient aussi opté pour la vidéo sans problème, Aurélie Clauzier de Totem Recrutement, à Montréal, a tout de même remarqué une réticence chez certains employeurs avec qui elle collabore. «J’ai des clients qui ont quand même convoqué le candidat dans leurs locaux dans une salle de réunion où il y a une distanciation sociale possible», dit-elle. D’autres de ses clients ont même complété leur sélection, mais attendent que la crise s’atténue pour rencontrer le candidat et lui offrir son intégration. 

Flexibilité au rendez-vous

Une chose est certaine, les quatre professionnelles en recrutement remarquent une très grande flexibilité des candidats qu’elles rencontrent virtuellement chaque jour. «C’est vraiment plus facile de trouver un moment avec les gens qui travaillent maintenant de la maison», convient Joanie Miville.

Droit au but

Et les entretiens vont souvent plus droit aux faits, ajoute la spécialiste en recrutement. Sans échange de banalités dans les couloirs, les entretiens d’Aurélie Clauzier sont aussi plus courts qu’auparavant, lui permettant de retrancher de 15 à 30 minutes pour chaque rencontre virtuelle.

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Unsplash - Muhammad Faiz

L’ambiance oubliée

Mais le bavardage n’est pas si futile, selon les spécialistes de Talena, puisqu’il permet d’établir quelques bases à la relation et relever certains points communs entre l’employeur et le futur employé. 

«Les candidats ne voient pas les bureaux, l’ambiance et l’équipe. Ils ne voient pas l’ampleur de l’organisation. Est-ce que c’est juste un étage ou est-ce qu’ils ont une grosse bâtisse avec un gym? [...] Ce sont des choses qui peuvent peser dans la balance pour un candidat. Parfois, une personne va avoir un méga gros coup de cœur parce qu’elle a trouvé l’ambiance incroyable», explique Claudia Breton, qui voit le candidat comme étant quelque peu perdant dans la situation actuelle. 

Comme l’ambiance compte pour beaucoup plus qu’on ne le pense dans le bien-être au travail, l’équipe de Talena invite les employeurs à envoyer des vidéos corporatifs de leur compagnie aux candidats afin qu’ils puissent mieux cerner la culture de leur entreprise.

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Unsplash - Austin Distel

Question de feeling

La vidéo comporte bien sûr une limite de chaleur humaine. «Quand on regarde la personne dans l’écran, on ne regarde pas notre caméra. Moi, je sais que j’aime bien capter le regard de la personne», soutient Aurélie Clauzier. La consultante remarque qu’en personne, sans feuille de notes à leur portée, les candidats sont moins préparés, mais beaucoup plus naturels. 

Les entreprises qui embauchent en se fiant à leur instinct de la dernière rencontre ont moins d’éléments à analyser et peuvent donc avoir de la difficulté à faire leur choix. Le feeling, sans contact humain, se manifeste moins bien.

Avec des entretiens à la maison avec des enfants dans les parages, la consultante de Totem rappelle que les candidats doivent garder leur sang-froid lorsqu’ils sont dérangés ou qu’un pépin survient. Ces petits soucis ajoutent justement un degré de naturel au processus.

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L’impact du télétravail sur un marché en transformation  

Il n’y a pas de doute, le marché de l’emploi et le taux de chômage ont basculé dans les dernières semaines. Spécialisée dans l’administratif et les postes de haute direction, la firme Talena observe sur le marché beaucoup plus de candidats et beaucoup moins de mandats qu’auparavant.

Toutefois, elles ne seraient pas surprises de voir du mouvement après la crise. «Beaucoup de candidats ont travaillé de la maison, sont sortis de leur bulle de travail et ont remis leur carrière en réflexion», dit Amélie Beaulieu qui considère les candidats plus que jamais ouverts aux opportunités. À son avis, la crainte de commencer un nouveau travail à distance les empêche de passer à l’acte pour l’instant. 

«On verra peut-être un résultat de tout ça dans les prochains mois», renchérit celle qui espère bien sûr un boom et non un creux postpandémie.

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