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Leur garçon adoptif emporté par le cancer

Le couple vit un deuxième deuil en quelques années

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Photo courtoisie, Ladislas Kadyszewski / milkimages.com Alex Bouchard-Handfield, 6 ans, et ses parents, Philippe Bouchard et Élizabeth Handfield, posaient ensemble lors de l’événement En vol avec le père Noël, en décembre dernier, quelques mois avant son décès.

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Un couple de la Montérégie incapable d’avoir des enfants souffre d’un second deuil depuis que le garçon qu’il a adopté en Colombie a perdu son combat contre le cancer.

« C’est un grand sentiment d’injustice, souffle Élizabeth Handfield, mère du jeune Alex Bouchard-Handfield, 6 ans, décédé dimanche dernier à Contrecœur.

« Je n’ai pas eu le début de sa vie, et j’ai eu sa fin », poursuit la dame de 41 ans, sereine malgré le drame qui frappe aussi son conjoint, Philippe Bouchard.

Tout a commencé quand le couple a dû traverser un premier deuil : réaliser qu’il serait incapable de concevoir un enfant.

« Biologiquement, ça ne fonctionnait pas. On a donc décidé de se tourner vers la Colombie pour adopter », raconte Mme Handfield. C’est ainsi que le petit Alex, 20 mois, est arrivé dans leur vie, en 2015.

Le bambin a vite réalisé que les Québécois étaient dignes de confiance.

« L’adaptation a vraiment bien été. Il est devenu NOTRE enfant », relate la mère adoptive.

Or, alors que la famille apprenait à tisser des liens plus forts que ceux du sang, les parents d’Alex ont découvert une anomalie dans son œil. L’enfant s’apprêtait à commencer l’école. « Ça m’inquiétait. On a consulté, et on a rapidement été dirigés à [l’Hôpital] Sainte-Justine », raconte Mme Handfield.

Le petit bonhomme avait une masse au cerveau, se sont fait annoncer les nouveaux parents.

Enfant « hyper attachant »

Alex souffrait en fait d’un cancer solide des tissus mous. Une multitude de traitements s’en sont suivis pour lui, ici et aux États-Unis, sur une période de deux ans.

Lorsque tous espéraient que l’on confirme la disparition de la masse, le 12 juillet dernier – jour de la fête d’Alex – la famille a appris avec stupéfaction que le cancer était revenu.

« On savait que ses chances de survie étaient minces, mais on avait gardé espoir, soutient sa mère. On a été chanceux, il n’a été ‘’malade’’ que cinq jours. »

Dans une période de répit, l’automne dernier, le fanatique de moteurs a pu profiter d’une croisière de rêve à Walt Disney et d’un vol en avion avec le père Noël.

L’enfant « hyper attachant » a rendu l’âme chez lui, en pleine pandémie. « On était déjà confiné, avec un enfant immunosupprimé », relativise Mme Handfield. Elle et son conjoint doivent désormais « accepter l’inacceptable ».

« Nos sentiments sont mitigés. On va pleurer et être soulagés, poursuit-elle, résiliente. Il va falloir apprendre à vivre avec le grand vide qu’il a laissé. »

Porte ouverte

Questionnée à savoir si une seconde adoption pourrait être possible, elle ne ferme pas la porte. 

« On va vivre notre deuil, et ensuite on pensera à ce qu’on veut », dit Mme Handfield, qui se considère déjà privilégiée d’avoir été la mère d’Alex.

« Malgré la douleur, on referait les mêmes choix, affirme-t-elle, sans hésiter. C’est mon fils, et ç’a été trop court. Ce qui me fait le plus de peine, c’est de ne pas le voir grandir. »


  • Elle tient à remercier les fondations Charles-Bruneau, Rêves d’enfants, CRAN, ainsi que Leucan.