/news/politics
Navigation

Montréal: trois arrondissements réclament le port de caméras pour les policiers

Coup d'oeil sur cet article

Trois arrondissements de Montréal ont réclamé, lundi soir, que le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) équipe ses agents de caméras portatives, dans la foulée de l'intervention qui a coûté la vie à George Floyd à Minneapolis.

• À lire aussi: Des caméras sur les policiers réclamées

Les arrondissements de Montréal-Nord, Pierrefonds-Roxboro et de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce (CDN-NDG) ont tous trois adopté des motions visant à mettre de la pression sur la mairesse de Montréal, Valérie Plante, afin que son parti aille de l'avant avec l'imposition des caméras pour les policiers.

Les deux premiers arrondissements sont contrôlés par des membres de l’opposition officielle, Ensemble Montréal, tandis que le troisième est dirigé par la mairesse indépendante, Sue Montgomery.

«Ce qui est extraordinaire dans l'arrondissement CDN-NDG, au-delà de l'appui sur cet enjeu de la mairesse Montgomery et du conseiller Rotrand, c'est que trois conseillers de Projet Montréal ont voté en faveur des caméras portatives alors que leur administration se bat contre nous sur ce sujet depuis les tout débuts. Je trouve cela malhonnête lorsque j'entends des membres du comité exécutif dire tout à coup qu'ils n'ont rien contre les caméras. C'est de la basse récupération politique suite à l'affaire George Floyd», a déclaré Lionel Perez, chef d'Ensemble Montréal, par courriel, mardi.

Des preuves

Rappelant plusieurs décès survenus au cours des dernières années à la suite d'interventions du SPVM, incluant ceux d'Alain Magloire et Jean-Pierre Bony, la mairesse indépendante de CDN-NDG, Sue Montgomery, a affirmé que la violence policière n'est pas un problème qu'aux États-Unis, mais aussi à Montréal.

«Les caméras corporelles fournissent des preuves qui sont importantes pour les citoyens et le SPVM [...]. Elles peuvent encourager les citoyens qui jugent avoir été maltraités à dénoncer», a fait valoir Mme Montgomery en évoquant une façon concrète pour «améliorer la confiance du public envers les services policiers» et pour «rendre imputable le SPVM et agir sur le profilage racial et social».

La solution passe aussi par la mise sur pied d'une police communautaire proche de la population, a plaidé la mairesse en dénonçant la fermeture du poste de police de Notre-Dame-de-Grâce, un sujet de contentieux avec la ville-centre.

De son côté, l'arrondissement de Pierrefonds-Roxboro a souligné que le nombre d'interpellations réalisées par le SPVM a grimpé de 143 % entre 2014 et 2017 «alors qu’il n’y a pas eu de hausse notable du nombre d’incidents criminels sur le territoire montréalais».

Projet Montréal «favorable»

La responsable de la sécurité publique au conseil exécutif, Rosannie Filato, s'est dite «favorable» aux caméras corporelles afin de «renforcer la confiance des citoyennes et citoyens envers leur corps policier, augmenter la transparence des opérations et augmenter le sentiment de sécurité de toutes et de tous».

Le déploiement des caméras devra cependant faire l'objet d'un second projet pilote, en partenariat avec Québec.

Le SPVM avait déjà tenté une expérience en équipant 78 patrouilleurs de caméra pendant un an, entre 2016 et 2017. Le projet-pilote avait été abandonné par la suite, la plupart des policiers affirmant avoir le sentiment d'être surveillés et que leur employeur n'avait pas confiance en eux. La majorité des agents ont aussi souligné que les caméras rendaient leurs interventions plus «procédurales».

Mme Filato a aussi rappelé que son parti présentera d'ici l'automne une «politique d'interpellation policière» visant à lutter contre le profilage racial.

Les motions ont été adoptées au lendemain d'une vaste manifestation visant à condamner le racisme et la violence policière qui s'est tenue dimanche à Montréal. Cette dernière, largement pacifique, a dégénéré en soirée sous l'impulsion de quelques casseurs dont les gestes ont été largement dénoncés de part et d'autre lundi.

Durant la manifestation contre le racisme et la brutalité policière, l’opposition officielle à l'hôtel de ville de Montréal avait réitéré que les caméras portées par les agents permettraient d’améliorer les rapports entre la police et les citoyens de la métropole.

«Ça fait des années qu’on le dit. Il faut équiper les policiers du @SPVM de caméras portatives pour ramener à la fois de la transparence et une meilleure confiance auprès du travail policier», avait affirmé Ensemble Montréal, sur son compte Twitter pendant la manifestation.