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Ugo Fredette est un tueur narcissique sans empathie

Deux psychiatres ont témoigné lundi lors des représentations sur sentence

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La seule chose qui explique les deux meurtres commis par Ugo Fredette, c’est son trouble de personnalité narcissique, a affirmé un psychiatre au premier jour des représentations sur sentence.

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« Les besoins que monsieur avait ont passé avant [ceux des] victimes et il a une incapacité à ressentir de l’empathie », a soutenu lundi le Dr Gilles Chamberland, au palais de justice de Saint-Jérôme.  

  • Écoutez l'entrevue de la DG de l'Association des personnes assassinées ou disparues avec Geneviève Pettersen à QUB radio:   

Le psychiatre de l’Institut Philippe-Pinel, qui témoignait pour la Couronne, a évalué le meurtrier Ugo Fredette en août 2019, juste avant son procès.

Depuis, Fredette a été reconnu coupable des meurtres prémédités de sa conjointe, Véronique Barbe, et d’Yvon Lacasse, un aîné dont il a volé la voiture pour fuir.

<b>Véronique Barbe</b></br>
<i>Victime</i>
Photo tirée de Facebook
Véronique Barbe
Victime

Les deux crimes ont été commis le même jour, le 14 septembre 2017, à Saint-Eustache et Lachute, dans les Laurentides. 

Il a été automatiquement condamné à la prison à vie sans libération avant 25 ans. 

La juge de la Cour supérieure Myriam Lachance pourrait toutefois doubler cette peine minimum puisqu’il y a deux victimes. 

<b>Yvon Lacasse</b><br /><i>Victime</i>
Photo d'archives
Yvon Lacasse
Victime

C’est ce que demandera la Couronne. La défense s’y oppose.

Gilles Chamberland a conclu que l’homme de 44 ans avait un trouble de la personnalité narcissique.

Survaloriser ses réalisations, être absorbé par ses fantaisies, se croire spécial et unique, avoir besoin d’être admiré, penser que tout lui est dû, exploiter l’autre dans ses relations, manquer d’empathie, susciter l’envie des autres, comportement arrogant : voici les neuf caractéristiques découlant d’une personnalité narcissique. 

« Un être nocif »

La mère de Véronique Barbe, Claudette Biard, reconnaît bien son ex-gendre dans ce portrait. 

« Tellement ! s’est-elle exclamée en réponse aux questions des journalistes. On n’avait pas de bons rapports lui et moi. Le sentiment d’une mère, ça ne trompe pas. C’est un être nocif et j’en ai souvent parlé avec Véronique. »

Mme Biard souhaite que le meurtrier de sa fille purge au moins 50 ans. 

« Pour moi, 25 ans, ce n’est pas assez pour avoir détruit la vie de ma fille et de M. Lacasse. À mon sens, c’est ridicule », a-t-elle laissé tomber.

Pour l’expert de la Couronne, le potentiel de réadaptation à court terme de Fredette est nul. 

« Je ne vois pas par quel miracle il pourrait changer », a conclu le Dr Chamberland.

Assez de 25 ans

Le ciel n’est pas aussi sombre pour le Dr Louis Morissette, qui a témoigné pour la défense. 

Le psychiatre ne nie pas que Fredette ait des traits narcissiques très présents, mais il ne va pas jusqu’à parler de trouble de la personnalité.

« L’empathie, ce n’est pas la qualité première de monsieur », a-t-il admis.

Selon l’expert, le meurtrier avait des problèmes conjugaux, mais il fonctionnait bien dans les autres sphères de sa vie.

« Il n’est pas si différent des autres meurtriers conjugaux ou de ceux qui ont cassé le nez de leur femme. De là à dire que pour lui, 25 ans ce n’est pas suffisant, je ne peux pas dire ça », a illustré le Dr Morissette.

Ses évaluations démontrent que le tueur n’est pas un psychopathe et « ce n’est pas parce qu’il a causé deux décès que ça augmente le risque [de récidive] », a insisté le psychiatre.

Les audiences continuent mardi.