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Crise aux États-Unis: le silence de 21 secondes de Justin Trudeau

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Interrogé par un journaliste sur les manifestations aux États-Unis mardi, Justin Trudeau a attendu plusieurs secondes avant de répondre, laissant même échapper un soupir. Au total, son silence aura duré près de 21 secondes, du rarement vu lors d’un point de presse.

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«Vous avez été réticent à commenter le discours et les actions du président des États-Unis. Donald Trump appelle désormais à l’action militaire envers les manifestants. Des manifestants ont reçu des tirs de gaz lacrymogène hier soir. [...] Si vous ne voulez pas commenter, quel message voulez-vous envoyer?» lui a demandé le reporter Tom Parry.   

  • Écoutez l'échange entre Caroline St-Hilaire et Benoît Dutrizac à QUB radio:   

Après un long moment de silence, Trudeau a répondu.

«Nous avons tous vu avec horreur et consternation ce qui se passe aux États-Unis. C'est le moment de rassembler les gens. C’est le moment d’écouter, d’apprendre. Quand les injustices continuent malgré les progrès au fils des années et des décennies... Mais il est temps pour nous, Canadiens, de reconnaître que nous aussi, nous avons nos défis. La discrimination est une réalité vécue par des Canadiens noirs et racisés tous les jours. Il y a de la discrimination systémique au Canada. Ça veut dire que nos systèmes traitent les Canadiens d’origines diverses différemment qu’ils ne le font avec les autres. C’est quelque chose que plusieurs d’entre nous ne voient pas. C’est pourtant une réalité pour les Canadiens racisés. Nous devons voir cela, pas seulement en tant que gouvernement, mais en tant que Canadiens. Nous devons devenir des alliés dans la lutte contre la discrimination. Nous devons travailler fort pour “réparer”, pour trouver comment nous pouvons arranger les choses.»

Lundi, le président Donald Trump a promis de restaurer l'ordre dans une Amérique en proie à un déferlement de colère historique, menaçant de déployer l'armée si les villes et les États ne faisaient cesser les violences. 

  • Écoutez l'entrevue de Victor Henriquez, expert en gestion de crise et relations publiques, à QUB radio:  

Il a d'abord dit que «justice devait être rendue» après la mort de cet Afro-Américain, décédé lors de son arrestation par quatre policiers de Minneapolis. Mais il a rapidement condamné les violences et tensions qui secouent plusieurs grandes villes des États-Unis depuis plusieurs jours, dénonçant des actes de «terrorisme intérieur».

Prévue pour 18h30, la prise de parole du président américain a été décalée pendant de longues minutes alors que la police de Washington tentait de disperser les manifestants réunis près de la Maison-Blanche. Il était d'ailleurs possible d'entendre le bruit des tirs de gaz lacrymogène ou les slogans des manifestants pendant son allocution.

En réponse, le président américain a annoncé le déploiement de «milliers de soldats lourdement armés» et de policiers dans la capitale américaine, jugeant que les troubles de la veille dans la capitale fédérale étaient «une honte». Appelant les gouverneurs à prendre les mesures nécessaires pour «dominer les rues» et dénonçant des actes de «terrorisme intérieur», Trump a promis de restaurer l'ordre aux États-Unis.