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Khari Jones se voit en George Floyd

Khari Jones se voit en George Floyd
Photo d'archives, Agence QMI

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Visiblement très émotif lorsqu’il s’est exprimé sur l’homicide de George Floyd, l’entraîneur-chef des Alouettes de Montréal Khari Jones a expliqué qu’il avait lui-même été victime de racisme à plusieurs reprises au cours de sa vie, mardi. 

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Au début des années 1990 lors d’une foire en Californie, ses amis, son frère et lui ont été mis au sol, menottés, puis menacés par les armes à feu des policiers, avant qu’on leur indique qu’il s’agissait d’une «erreur sur l’identité». À Winnipeg, comme quart-arrière des Blue Bombers, il a reçu plusieurs lettres de menaces de mort.

Ainsi, lorsqu’il a vu les images des derniers instants de George Floyd, il s’est remémoré de nombreux souvenirs douloureux. Mais il a aussi pensé à ses filles.

«Je ne peux arrêter de penser à George Floyd, avait-il écrit sur Twitter dans la nuit de lundi à mardi. C’est moi. Breonna Taylor, ce sont mes filles. Je suis fâché, blessé et triste.»

«C’est comme ça que je me sentais quand j’ai vu la vidéo, a expliqué l’instructeur lors d’une vidéoconférence, mardi. Ça se passe comme ça depuis longtemps aux États-Unis; la brutalité policière et le racisme. [Cet incident] a provoqué le monde entier et il m’a blessé. C’est horrible. J’espère que les gens pourront comprendre la pression avec laquelle de nombreux Afro-Américains doivent composer lorsqu’ils ont affaire à des gens en position d’autorité.»

Plus besoin de mots

Lorsqu’il a visionné la vidéo de la tragédie impliquant George Floyd, Jones était à court de mots. Ayant déjà abordé le sujet du racisme avec ses deux filles, il n’avait cette fois aucun besoin de parler. Les images étaient suffisantes.

«Je ne crois pas qu’il y ait eu vraiment une conversation. Je ne pouvais pas arrêter de pleurer. Je ne pouvais pas arrêter. Alors elles savaient que ça m’a affecté et elles l’ont été aussi. (...) Je ne pouvais dire quoi que ce soit.»

«C’est un sentiment horrible d’être ciblé pour quelque chose comme ça, a-t-il ajouté à propos du racisme. Et c’est également le cas au Canada. Le Canada est, croyez-moi, bien, bien mieux et je m’y sens bien mieux, mais il y a quand même des problèmes.»

Faire partie de la solution

Étant lui-même américain, Jones s’est désolé de la situation actuelle aux États-Unis. Et même s’il reconnaît que le président Donald Trump amène les gens à afficher plus librement leurs opinions racistes, il estime que le problème dépasse largement les portes du bureau ovale. Selon lui, le racisme est ancré au pays depuis bien longtemps.

«J’ai peur [pour l’avenir de mon pays]. Simplement parce que la division semble si profonde. Les racistes ont toujours été présents. Ces gens sont encore en vie. Et ils ont des enfants. Ça ne va pas simplement disparaître. Ça s’améliore, mais ça ne bouge pas assez. J’espère vraiment que les gens vont aller voter. Pas seulement pour la présidence, mais dans les communautés locales. Il faut trouver des façons de changer les choses par l’intérieur.»

La perte de George Floyd – mort asphyxié après qu’un policier blanc l’eut maintenu au sol avec un genou sur le cou pendant de longues minutes – est peut-être la goutte qui a fait déborder le vase. Les manifestations, autant dans la rue que sur les réseaux sociaux, ne s’essoufflent pas, plus d’une semaine après l’événement.

Jones lui-même a admis qu’il allait probablement s’impliquer plus dans cette lutte.

«Ce dernier meurtre a particulièrement [soulevé] les gens. Les protestations se poursuivent. J’espère que ça va continuer et que ça va mener à des changements. Mais ça prendra tout le monde et un effort de groupe pour le faire. Je vais pousser dans cette direction et être plus actif à partir de maintenant.»