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SAIL Plein Air n’arrive plus à payer

Les dettes du détaillant d’articles de loisirs dépassent les 100 millions de dollars

Sail
Photo Jonathan Tremblay Jean-Pierre Dionne et son fils Charles, rencontrés dans le stationnement du Sail de Laval, sont clients de ce magasin depuis son ouverture, en 2008. Ils se disent attristés des ennuis financiers de l’entreprise.

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Après Aldo et Reitmans, un autre détaillant québécois se retrouve maintenant en difficulté financière. SAIL Plein Air, qui chapeaute les enseignes SAIL et Sportium, se place à l’abri de ses créanciers. Les dettes de l’entreprise dépassent les 100 M$.

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«J’ai eu de meilleurs jours. Nous ne sommes jamais totalement préparés à ça», répond au Journal le président et chef de la direction, Norman Décarie. «La COVID-19 a été le coup de grâce pour notre organisation», poursuit-il.

Ce dernier avait d’ailleurs sonné l’alarme en avril sur l’impact que pourrait avoir le confinement dans le monde du commerce de détail. 

Il digérait mal, à ce moment, le fait que des enseignes comme Walmart et Canadian Tire pouvaient continuer de vendre des articles de plein air, et ce, sans restriction, alors que son organisation devait patienter.

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Les huit semaines de pause du Québec se sont traduites par des pertes de 40 M$ pour le groupe spécialisé dans les articles et les vêtements de sport.

M. Décarie précise que SAIL Plein Air a vu ses dettes grimper au cours des dernières semaines, en raison de la fermeture de ses 18 magasins. 

«Nous étions en préservation de capitaux. Beaucoup de paiements n’ont pas été effectués pour nous faire des provisions», note l’homme d’affaires.

Hier, l’entreprise SAIL Plein Air s’est placée sous la protection de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité avec l’intention d’entreprendre une restructuration. 

C’est le syndic Ernst & Young qui pilote le dossier.

En entrevue avec Le Journal, M. Décarie a préféré ne pas s’avancer sur le nombre de magasins qui pourraient fermer leurs portes. Les performances de chaque établissement seront analysées. Le président n’a pas non plus été en mesure de fournir de données sur les emplois qui pourraient disparaître, notamment au siège social de la compagnie, à Laval.

«En date d’aujourd’hui, je ne le sais pas. Pour l’instant, on regarde toutes nos options. Une restructuration, c’est large. On va prendre la meilleure décision dans l’intérêt de l’entreprise», a répondu le grand patron.

Pour les prochaines semaines, SAIL Plein Air prévoit de poursuivre ses activités normalement dans ses magasins et sur son site en ligne.

«Ensemble de facteurs»

La direction concède que la santé financière de ses enseignes était déjà fragile avant la pandémie. 

Les changements dans les habitudes de consommation dans le monde du commerce de détail ont miné les finances. 

Le nombre grandissant de détaillants d’articles et de vêtements de plein air a aussi eu un impact sur les ventes de l’organisation.

«C’est vraiment un ensemble de facteurs», souligne M. Décarie, qui espère que les gouvernements offriront davantage d’argent au secteur du commerce de détail pour aider les détaillants à traverser cette crise.

Le président mentionne qu’en l’espace de 18 mois, l’achalandage dans certains de ses commerces a chuté de «5 à 10 %» en raison de la croissance des ventes en ligne. «Ce sont des dizaines de milliers de clients en moins.»

En novembre dernier, SAIL Plein Air avait inauguré son nouveau centre de distribution. La compagnie compte près de 1800 employés à son siège social de Laval et dans ses magasins du Québec et de l’Ontario.

L’un des actionnaires du groupe est le Fonds de solidarité FTQ. Au 30 novembre 2019, le Fonds avait une créance non garantie de 4,634 millions $.

Hier, des consommateurs rencontrés par Le Journal au SAIL de Laval ont déploré que la compagnie ait dû fermer ses boutiques durant le confinement, alors que des acteurs comme Walmart ont continué de vendre des articles de plein air.

«On trouve ça triste. Les gros centres ont pu continuer à vendre des trucs de plein air et pas eux», a indiqué Jean-Pierre Dionne. 

–Avec la collaboration de Martin Jolicoeur et Jonathan Tremblay 

SAIL Plein Air   

  • 14 magasins sous l’enseigne SAIL, huit au Québec et six en Ontario    
  • Quatre Sportium, à Saint-Hubert, Laval, Québec et Kirkland   
  • Le siège social est à Laval   
  • 1800 travailleurs