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Comment le confinement a changé ma relation à l'argent et à la consommation

Comment le confinement a changé ma relation à l'argent et à la consommation

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Quand Legault rendait public son plan de déconfinement, j'imaginais déjà les kids s’enfarger dans leurs lacets en sortant de l’auto, trop fébriles de retrouver leurs amis. Comme avant, presque comme si de rien n’était.  

L'angoisse qui me réveillait durant les nuits de mars pour rationner le nombre de cigarettes que je pouvais fumer sans péter le budget s'est dissipée. La peur d'un compte de banque éternellement vide s'est tassée peu à peu. 

Pis après, quoi? 

On enfile nos maillots. On achète de la Corona en hommage similicomique au virus qui nous a séparés. On court les garden-partys en fermant les yeux sur le nombre d’invités. On se sent presque privilégiés d’avoir vécu cet événement historique. On le racontera à nos futurs enfants, comme on leur parlerait de n’importe quelle autre bébitte du folklore. Bonhomme Sept Heures, COVID-19, même combat.  

Ça ne laissera peut-être aucune trace pour ceux qui pourront retrouver leur vie normale, le cœur léger, mais ceux qui ont perdu gros, un emploi, une entreprise, un rêve, ou pire, un proche, n'auront pas le luxe de voir cette crise comme une anecdote.  

Pour ma part, je suis un peu entre les deux. J’ai simplement gagné moins d'argent. Parce que la PCU, c’est ben beau, mais ce n’est pas du tout l’équivalent de mon plein salaire. 

Pourtant, je n’ai jamais eu autant d’argent dans mon compte.

La situation m'a obligée à m'avouer que je n’avais pas toute la vie devant moi pour amasser du cash. Non pas dans l’optique de devenir riche ou de me la couler douce sur un yacht, mais juste assez pour survivre si le pire arrivait à nouveau. 

Je ne dépense pratiquement pas depuis le confinement. J’ai vu des gens sur Instagram qui unboxaient des cochonneries ou qui attendaient des livraisons, le nez collé à la fenêtre. Je ne me suis pas reconnu, je n’ai pas voulu embarquer là-dedans. C’est trop facile de continuer le pattern de dilapider sans compter.  

On dirait que la sensation euphorique que me procurait le magasinage ou une grosse virée au resto a été détrônée par le doux sentiment de sécurité en voyant les dollars s’empiler confortablement dans mon compte chèques. 

Malgré des revenus très convenables, j’avais toujours vécu à la semaine. En me convainquant que c'était ben correct de vivre ainsi parce que je travaillais fort et que je méritais chaque dépense qui me rendait heureuse (très momentanément). 

Maintenant, je me dis que je mérite plutôt la tranquillité d’esprit. Je veux investir dans des trucs qui en valent vraiment la peine, au lieu d’essayer de combler un vide en achetant n’importe quel cossin. 

Je ne me pense pas meilleure qu’une autre et je n’essaie surtout pas d’être moralisatrice. 

Je suis juste une procrastinatrice dépensière qui est tannée d’être paumée. 

Le feeling est bon quand t’as un coussin de sécurité. Ça devient même un challenge stimulant: voir à quel point je peux augmenter ma marge de manœuvre budgétaire. C’est comme se fabriquer un parapluie qu’on agrandit un brin à chaque non-dépense et à chaque bonne décision. 

Dans mon cas, il y aura un avant et un après-confinement. L’avant était parfois fort agréable, mais surtout axé sur le bien-vivre insouciant. Pour l'après, je souhaite développer cette version de moi qui ne sera pas prisonnière de sa mauvaise gestion financière, au nom d'une fausse liberté gonflée aux achats compulsifs. 

«Je me souviens», qu'on dit. 

En tout cas, j’espère être capable de m’en souvenir assez longtemps pour ne plus jamais avoir un compte en banque qui tourne autour du point de congélation.  

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