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La grande purge... grâce à la COVID-19

Centre Bell
Photo Ben Pelosse Plusieurs grosses pointures administratives de l’Organisation ont été tassées ces derniers mois.

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Kevin Gilmore, out. Fred Steer, à la retraite. Donald Beauchamp, out. Mark Weightman, out. Jacques Aubé, out.

Les cinq faisaient partie de l’extraordinaire équipe de direction qui a fait passer le Canadien et le Centre Bell d’une valeur de 250 millions $ à 1,4 milliard $. 

  • Écoutez l'entrevue de Réjean Tremblay avec Jonathan Trudeau à QUB Radio:

Le premier, Kevin Gilmore, était vice-président exécutif. La version officielle veut qu’il ait choisi de partir parce que Geoff Molson, en devenant un président gestionnaire, ne lui laissait pas assez de marge de manœuvre pour qu’il puisse mener à bien ses projets. Il est aujourd’hui président de l’Impact de Montréal.

Fred Steer, le bon monsieur Steer, est à la retraite. Anna Martini l’a remplacé.

Donald Beauchamp était vice-président aux communications. Dévoué corps et âme au Canadien. Jour et nuit. Vingt-quatre heures par jour si nécessaire. Il dit qu’il a remis sa démission. Mais rares sont ceux qui croient cette version.

Mark Weightman, ancien président des Alouettes de la Ligue canadienne de football, était président du Rocket de Laval. Avec une équipe qui a participé une fois en sept ans aux séries éliminatoires, il avait tellement travaillé que les assistances étaient en hausse de 20 % et que toute l’organisation bénéficiait de son acharnement à percer le marché de Laval. Il est aujourd’hui consultant.

Jacques Aubé était président d’evenko, l’autre branche principale du Groupe CH. Dévotion absolue à l’Organisation. Redoutable négociateur, il a amené Live Nation comme investisseur à 49 % dans evenko. Un apport financier estimé à 150 millions $. Congédié sans avertissement, même pas cinq mois après sa nomination comme président.

Tous les experts consultés hier sont surpris qu’une organisation livrant plus de 100 millions $ de bénéfice avant impôts par année procède au délestage de tant de dirigeants dévoués et expérimentés. Pour tous, il est difficile d’expliquer pareille purge. 

DOMINICK SAILLANT ET LES AUTRES

Ce n’était qu’un début. On sait que plusieurs employés, dont Mme Sylvie Lambert, à quelques mois de sa retraite, ont été congédiés ou mis en congé forcé au début de la pandémie. Hier, on a procédé au congédiement de Dominick Saillant et de François Marchand du service des communications du Canadien. Au moins une vingtaine d’employés, la plupart reliés au marketing, ont également été remerciés. Certaines sources précisaient en début de soirée qu’une douzaine d’autres employés avaient été mis à la porte dans d’autres départements du Groupe CH. 

Le cas de Dominick Saillant brise le cœur. Saillant, comme Donald Beauchamp avant lui, avait le CH tatoué sur le cœur. Ça faisait 23 ans qu’il était à l’emploi du Canadien dans une position rendue hyper difficile depuis le passage de Bob Gainey et Pierre Gauthier à la direction du club. Saillant n’était pas le responsable du climat étouffant et toxique régnant autour du vestiaire de l’équipe. Il ne faisait qu’exécuter les ordres paranoïaques de Marc Bergevin et de ses prédécesseurs. 

Sans doute que Paul Wilson, qui a déjà mieux paru et qui n’a pas rendu ses appels hier, devait se sentir tout croche en passant le couteau chez des adjoints d’une loyauté absolue.

LE CH... ET LES GRAS DURS

La COVID-19 a le dos large. Il est établi que France Margaret Bélanger et Anna Martini, les deux vraies dirigeantes du Groupe CH, ont profité de la pandémie et des circonstances pour régler un problème qui durait depuis quelques années.

France Margaret Bélanger jouit d’un ascendant quasi absolu auprès de Geoff Molson. Avocate et femme d’affaires forte, elle est capable de prendre des décisions difficiles et controversées. Anna Martini, vice-présidente exécutive et CFO du Groupe CH, est l’ancienne présidente du Groupe Dynamite. Ce sont deux femmes ambitieuses.

Depuis l’acquisition du groupe Spectra, de Juste pour rire, de Just for Laughs et d’une kyrielle d’autres entreprises, le Groupe CH ne cessait d’enfler. On achetait des entreprises sans procéder à l’habituelle rationalisation dans le personnel. La COVID-19 a sans doute été l’occasion de procéder au grand ménage dans les compagnies du groupe. Spectra comptait sur des relationnistes, on va en trouver un pas cher pour museler les chroniqueurs de hockey. Même chose pour le marketing et les autres secteurs touchés. 

C’est plein d’employés dévoués mais sous-payés dans l’empire tricolore. Ils vont travailler encore plus fort pour moins cher.

Et dans un an, on devrait se retrouver avec Geoff Molson, président du conseil d’administration, France Margaret Bélanger, présidente du Groupe CH, et Vincent Damphousse, président du Club de hockey Canadien.