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Notre culture Dollarama

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À la pandémie de coronavirus succédera une épidémie de faillites dans le milieu de la culture. Ce sera l’hécatombe. Mais sur ces ruines, que va-t-on ériger?

J’aime bien notre ministre de la culture Nathalie Roy, une franche et fière Québécoise. Puisque son gouvernement s’apprête à éparpiller 400 millions un peu partout dans les auges de la culture, je lui suggère une réflexion au sujet de notre «culture Dollarama».

Si le Québec retourne à ses mauvaises manies culturelles et à cette domination de «comiques» devenus richissimes en exploitant le bas de gamme, le joual, la scatologie, les sacres, ce ne sera pas long que nous nous ferons manger tout rond par les Netflix, Prime, Crave, Disney+ et compagnie.

Antihéros

Depuis la Révolution tranquille, notre culture souffre d’une absence de héros. Nous ne mettons en scène que des antihéros, c’est presque une règle d’or. On attend toujours les émissions ou les films enthousiasmants au sujet de notre passé. Ainsi, on est condamné à chercher ce qui nous manque chez les Américains.

Notre culture publicitaire du «bonjour hi» pourrait également s’améliorer en respectant le pauvre consommateur à qui elle s’adresse comme pour le rendre bête à manger du foin!

Américanisation

Nos dimanches soirs télévisuels, qui jadis firent briller les ballets de Ludmilla Chiriaeff, snobent désormais la chanson française neuf fois sur dix pour de la musique anglo-américaine ou pour une émission de «ricanades» moralisatrice.

Notre culture se meurt à petit feu et j’ose espérer que ces millions ne serviront pas à financer l’incendie! Oui au théâtre! Oui au ballet! Oui aux musées! Oui aux spectacles de qualité! Oui aux créateurs! Mais je ne veux pas que la situation actuelle serve à enrichir encore une fois les mêmes poches profondes des mêmes satanées vedettes qui nous infligent une culture Dollarama.