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Valorisant et enfin valorisé

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Le gouvernement Legault en espérait 10 000. Il en a eu plus de 60 000. Ça fait beaucoup de monde à s’être inscrit à la campagne de recrutement pour préposés aux bénéficiaires (PAB) en CHSLD.

Cette réponse massive n’a pourtant rien d’étonnant. Primo, avec plus de 4000 décès déjà, c’est le premier geste majeur qu’il pose face à l’hécatombe qui perdure dans les CHSLD et résidences privées pour aînés. Deuzio, en plein chômage, à 26$ l'heure avec avantages sociaux, ces postes deviennent attirants. Tertio, bien au-delà de l’argent, de nombreux Québécois, scandalisés du sort tragique réservé à ces aînés et adultes handicapés hautement fragiles, veulent aider. Concrètement.

Respect et dignité

Bref, le travail de PAB est «valorisant» quand il est «valorisé». J’ai moi-même déjà fait du bénévolat en soins palliatifs. Parce que nous faisions partie intégrante des équipes soignantes, j’y ai appris tous les soins physiques et psychologiques que cela exige. 

En dehors de mon rôle de proche aidante pour ma sœur handicapée, jamais de toute ma vie je ne me suis sentie aussi utile et privilégiée qu’en sortant de mes shifts aux soins palliatifs. 

Dans une vraie relation de soins et d’attention prodigués dans la dignité et le respect, on trouve beaucoup de vie, d’amour et de rencontres intenses. Les PAB actuels le savent. Les futurs le découvriront.

Changement radical

C’est cependant de tout le «prendre soin» des personnes vulnérables, dont le maintien à domicile, qui, tous âges et conditions confondus, doit être réformé, mieux financé et ré-humanisé. Je persiste et signe depuis longtemps. 

Obligée par la catastrophe, la reconnaissance enfin offerte aux PAB du réseau public marquera-t-elle le début de ce changement radical de culture gouvernementale?  

Et qu’adviendra-t-il des PAB des ressources privées, qui, même lorsque celles-ci sont subventionnées, sont moins bien payés, mais aussi moins formés qu’au public? La suite nous le dira.